‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 310 sur 318 · Epistola CXCIV, Si.xio (418), cap. m · texte numérisé non relu

Epistola CXCIV, Si.xio (418), cap. m

(c Dieu, en effet, opère dans les cœurs des hommes pour incliner leurs volontés où il lui plaît, soit au bien suivant sa miséricorde , soit au mal suivant leurs mérites, tantôt en découvrant son jugement, tantôt en le laissant caché, mais avec un jugement toujours juste. Pour ce qui est de la grâce, elle n'est pas donnée selon les mérites des hommes; autrement la grâce ne serait point la grâce; car la grâce est ainsi» appelée, parce qu'elle est donnée gratuitement '. »

Cependant le Pélagianisme , qui reste toujours une erreur, alors même qu'il se réduit à une moindre erreur, telle que le semi-Pélagianisme; le Pélagianisme subsiste encore dans certains esprits en tant que Synergisme. Le Synergisme consiste à croire qu'il y a quelque chose dans notre volonté et de notre volonté, qui n'ait pas besoin d'être excité, ou, mieux encore, comme créé par la grâce. Augustin reconnaît sans doute qu'on ne peut être aidé par la grâce que quand on fait quelques efforts de son côté'^, mais il enseigne que la volonté même par laquelle on fait ces efforts, c'est à Dieu qu'on la doit.

En effet, « le secours divin qui nous est départi pour opérer la justice, ne consiste pas en ce que Dieu a donné une loi pleine de bons et saints préceptes, mais en ce que notre volonté même, sans laquelle il nous est impossible d'opérer le bien, se trouve aidée et relevée par Tesprit de grâce qu'il nous accorde^. »

« A l'origine , Adam avait reçu un secours, sans le-

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