‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 311 sur 318 · De Spirilu et Littera, lib. 1, cap. ii · texte numérisé non relu

De Spirilu et Littera, lib. 1, cap. ii

quel il ne pouvait pas, le voulant, persister dans le bien, mais qui ne lui était pas nécessaire pour le -vouloir. Maintenant , c'est plus encore , car le secours qui nous est octroyé par le Sauveur, ne nous est pas seulement nécessaire afin de persister dans le bien, le voulant, mais aussi pour le vouloir '. » ce Le châtiment des méchants qui n'ont point reçu cette grâce, n'en est pas moins juste, puisqu'ils sont méchants par leur volonté; non plus qu'il n'est pas inutile-, quoiqu'il faille avouer que Dieu seul peutentu'er quelque utiUté... En un mot, ni la grâce n'est un obstacle au châtiment, ni le châtiment n'est une négation de la grâce ^ » Effectivement, «plus Thomme jouissait de Dieu, plus son crime a été grand de l'avoir abandonné, et il a mérité de souffrir un mal éternel pour avoir détruit en lui un bien qui pouvait aussi être éternel. Et de là, la damnation de toute la masse du genre humain ; car le premier coupable a été puni avec toute sa postérité, qui était en lui comme dans sa racine. Ainsi nul n'est exempt du supplice qu'il mérite, s'il n'en est délivré par une grâce qu'il ne mérite pas; et tel est le partage des hommes, que l'on voit en quelques-uns ce que peut une miséricorde gratuite, et, dans tout le reste, ce que peut une juste vengeance '^. »

Ce n'est pas tout. Prévenante, gratuite, toute-puis- • santé, la grâce est triomphante et justifiante.

La grâce est triomphante.

Page 1