De Corrcfiione et Graiia, liber unus, cap. v
tels dans la suite que Dieu a prévu que vous seriez, ou bons, s'il a prévu que vous seriez bons, ou méchants, s'il a prévu que vous seriez méchants. )> Est-ce qu'en effet, s'il arrivait que quelques hommes, persuadés par ce langage, se laissassent aller à la paresse et à la torpeur, s'abandonnant à leurs passions au lieu de les combattre, est-ce qu'il faudrait pour cela réputer faux ce qu'on enseigne de la prescience de Dieu? Et n'est-il pas indubitable que si Dieu a prévu que des hommes seront bons, ils seront bons, quels que soient actuellement leurs vices; ou, qu'au contraire, s'il a prévu qu'ils seront méchants, ils seront méchants, quelles que soient actuellement leurs vertus ' ?
En résumé, ace n'est pas la volonté humaine qui par la liberté obtient la grâce, mais c'est plutôt la grâce qui produit la Uberté et qui lui assure pour persévérer une perpétuité de délectation et une force insurmontable ^. » (( L'homme en effet n'est pas un être d'une nature telle, qu'une fois créé, il puisse, abandonné par celui qui l'a créé, faire quelque chose de bien comme de luimême. Loin delà, toute la bonté de son action consiste à se tourner vers celui par lequel il a été fait et à toujours devenir par lui juste, pieux, sage et heureux. Car il ne s'agit pas pour l'homme de devenir avec le secours de Dieu, juste, pieux, sage, heureux, et ensuite de s'éloigner de Dieu, comme on s'éloigne du médecin du