‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 33 sur 318 · DK LA PHILOSOPHIE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

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un tel détail, les note avec une telle précision, que ce serait manifestement se méprendre sur le fond de sa pensée, que de se persuader d'après la lettre de quelques phrases isolées * , qu'il ne demanderait à ces philosophes, pour devenir chrétiens, que de changer un petit nombre de maximes ou de formules. Loin de là! Il ne leur faudrait rien moins, au sentiment d'Augustin, que changer complètement de vie, en même temps que changer complètement de doctrine. C'est ce qu'il affirme de la manière la plus nette, je ne dis pas seulement dans les Rétractations'^^ où il se reproche les éloges excessifs qu'il a donnés aux Platoniciens, mais dans les pages mêmes où il se complaît à montrer comment ces philosophes pourraient franchir la distance qui les sépare du Christianisme ^

Sans doute, d'après lui, le plus grand obstacle c'est leur orgueil. Mais aussi que de corrections à introduire dans leurs enseignements !

Qu'on en juge par l'énumeration des erreurs qu'il leur attribue.

Premièremeiit, les Platoniciens ont eu des écoles divisées entre elles et des temples communs^.

1. De VeraReUfjione,\\h. I,cap. iv. <kSihanc vilamillivirinobiscum rursum agcre poluissent, vidèrent profecto cujus auctoritale facilins consulerelur homiiiibiis, et paucis mutatis verbis afque soiteuiii'i chri.stiani fièrent, sicut plerique recentiornm nostrorumque temporum Platonici fecerunt. » CLEpist. CXVllI, Dioscoro, 410, cap. m.

2. Relract. lib. I, cap. i. « Laits quoqne ipsa, qua Plaloncm vel Plalonicos seu Academicos philosophas tantum exluli, quantum irnpios horninesnon oportuii, non irnmerito niihi displicuit : prœsertim quorum contra errores maqnos defendenda est christiana doctrina. »

3. De Vera Reli(jione, cap. iv. Epist. CXVIII, Dioscoro, cap. m.

4. Contra Faustum Manichxum, lib. XII, cap. xl ; De consensu Evan- (lelisfarum, lib. 1, cap. viii.

Secondement, ils ont pensé qu'il fallait sacrifier à plusieurs Dieux.

Troisièaiement, ils ont professé qu^aucun Dieu ne peut se mêler à l'homme.

Quatrièmement, ils ont cru à l'éternité de l'âme ^

Cinquièmement, ils ont enseigné que le passé devait de toutes pièces se reproduire dans l'indéfinie révolution des siècles.

Sixièmement, ils ont soutenu qu'avant d'être envoyées dans les corps qu'elles traînent maintenant après elles, les âmes avaient vécu ailleurs libres de tout corps.

Septièmement, ils ont admis la métempsycose.

Huitièmement, il leur a paru que pour obtenir un parfait bonheur, l'âme devait fuir tout contact corporel.

Neuvièmement, il leur a semblé que l'âme ne serait point unie au corps, si cette union n'était la peine d'une faute antérieure.

Dixièmement, c'est à la chair comme à leur cause qu'ils rapportent absolument tous les vices de l'âme.

Onzièmement, ils estiment que c'est par des Dieux inférieurs, c'est-à-dire par les anges, qu'ont été créés tous les animaux mortels.

Entre les doctrines platoniciennes et le Christianisme, il y a donc, suivant Augustin, bien des différences. Or, à ces obscures théories, à ces contradictions multipUées de la philosophie platonicienne, comment ne point préférer les vivifiantes clartés de la

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