‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 46 sur 318 · In Psalmum LVII, Euarraiio · texte numérisé non relu

In Psalmum LVII, Euarraiio

DE L\ PHILOSOPHIE EN GÉiNÉRAL. 83

aussi les lacunes, les ténèbres de leur science, de même que rinefticacité, le \ide, le mensonge de leurs vertus.

La vraie, la pure philosophie ne sépare point de la croyance aux mystères les conceptions de la raison. Bien plus, c( le salut du genre humain est à ce prix {quod est humanœ salutis capiit) que l'on ne considère point la philosophie, c'est-à-dire l'amour de la sagesse, comme une chose, et la religion comme une autre chose' ; » car c(la religion chrétienne, dont la connaissance et l'observance sont la voie certaine du salut, n'est actuellement nouvelle que de nom. Cette religion en elle-même, laquelle est maintenant appelée chrétienne, existait chez les anciens-, elle a subsisté depuis l'origine du genre humain, jusqu'à ce que le Christ venant à revêtir notre chair, la vraie rehgion qui existait déjà, a été, à cause de l'incarnation du Christ, appelée chrétienne '^. »

En résumé, a enveloppés par l'obscurité des choses, une double voie s'offre devant nous : la voie de la raison et la voie de l'autorité. La philosophie promet la raison et c'est à peine si elle délivre le très-petit nombre de l'erreur; encore oblige-t-elle ceux-là même non-seulement à ne point mépriser les mystères de la foi, mais à les comprendre uniquement comme ils doivent être compris. Non, la vraie philosophie, la philosophie, pour ainsi parler, qui n'est pas adultère, n'a point d'autre office que d'enseigner que tous les êtres ont un prin-

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