‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 50 sur 318 · De Civilate Dei, lib. X, cap. xxiii · texte numérisé non relu

De Civilate Dei, lib. X, cap. xxiii

DK LA PHILOSOPHIE EN GÉNÉRAL. Cy l

sur lesquels se fonde la communauté de l'Église. «Si la sagesse e^t Dieu même, créateur de toutes choses, comme l'attestent les saintes Écritures et la vérité, le vrai philosophe, conclut Augustin, est celui qui aime Dieu \ »

Heureusement, ces dispositions d'esprit et ces procédés, qui tendent plus à la piété qu'à la science, se trouvent tempérés par des éléments réellement scientifiques. Comment, en effet, s'humilier sans se connaître ? Et comment connaître Dieu, si d'abord on ne connaît son âme? A ce compte, la psychologie devient, en dernière analyse, pour Augustin, le point de départ de la philosophie.

Ce n'est pas tout; certains préliminaires lui paraissent nécessaires afin d'arriver à la connaissance de Dieu et à la connaissance de l'âme.

Ainsi, qui ne sait qu'il ne faut pas être esclave des passions, ni soupirer après les choses périssables? Mais cela même ne suffirait pas. « Quiconque, écrit Augustin, ignore ce que c'est que le néant, ce qu'est la matière informe, ce qu'est la forme inanimée, ce qu'est le corps, ce qu'est l'espèce dans le corps, ce qu'est le lieu, ce qu'est le temps, ce que c'est qu'être dans le lieu, ce que c'est qu'être dans le temps, ce qu'est le mouvement dans le lieu, ce qu'est le mouvement hors du lieu, ce qu'est le mouvement stable , ce qu'est l'éternité ; ce que c'est que n'être ni dans un lieu, ni nulle part ^ ce que c'est qu^être hors du temps et toujours; ce que c'est que n'être nulle part, et être partout ; ce que c'est que n'être jamais et ja-

] . De Civitate Dei, lib. Vlll, cap. ii.

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mais ne pas être; quiconque ignore ces choses et prétend disserter, je ne dis pas touchant cet être excellent qui est Dieu et dont notre science est surtout ignorance, mais touchant sa propre âme, risque fort de tomber dans les pkis graves erreurs. Or, on connaîtra d'autant mieux toutes ces choses, qu'on se sera appliqué à la considération des nombres simples et intelligibles ^ »

C'est pourquoi, se dégager du tumulte des passions, mener une vie pure, affermir en soi le sentiment de l'immatériel, mais surtout s'exercer à la dialectique en parcourant comme il convient les degrés de la science, afin de s'élever à la région de l'intelligible ; ce sont là de nouvelles conditions, ou plutôt des faces nouvelles de la méthode à la fois théologique et psychologique d'Augustin.

Le problème logique ou le problème des idées est d'ailleurs le premier dont l'illustre docteur se propose la solution. Car si obtenir le bonheur en Dieu est le terme de la philosophie, être en possession de la certitude par les idées en est le commencement.

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