‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 59 sur 318 · Conirn Acadeuticos,]']]) IH.cap. \i · texte numérisé non relu

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laissent pas que d'accomplir leur office. Car le sens ne trompe jamais, et c'est au jugement que l'on doit rapporter toute erreur. De même donc qu'Augustin affirme qu'il est certain de son existence personnelle, attendu qu'il en a conscience, de même aussi il déclare être certain que telles ou telles apparences s'offrent à lui, attendu qu'il a conscience qu'il les perçoit. Ce n'est pas le paraître qu'il y a lieu de contester ; c'est l'être. Le phénomène, en tant que phénomène, est certain; l'ohjet seul du phénomène peut être mis en question. Encore une fois, les sens ne nous trompent point, et l'œil, par exemple, voit ce qu'il doit voir. C'est affaire à l'intelligence de passer du paraître à l'être; et alors, ou elle arrive à l'être et ainsi possède son objet, ou si elle ne peut y parvenir, elle s'en tient à une hésitation qui est réserve, de peur de se précipiter dans une regrettable erreur; a aut non inveniens in disceptationo se tenet^ ne aliqua perniciosa temeritate dilahaiur in exitiosum erroretn^, »

C'est uniquement en nous-mêmes, dans l'intuition immédiate de l'âme, indépendamment des faits extérieurs et en dehors de la sphère des changements, que se découvre la certitude qui fonde la science. Effectivement, qu'on y songe! Qu'est-ce que savoir et qu'est-ce que connaître? Est-ce percevoir par les yeux du corps et non pas plutôt pénétrer par la vue de l'âme? Ce qui est incontestable, même des objets physiques, le devient bien davantage lorsqu'il s'agit des idées pures de l'esprit. Évidemment, ce n'est point parles yeux du corps

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