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que nous apercevons la beauté qui rend belles toutes les choses belles ^ Et (( que dire de cette beauté de l'âme qui est la justice, laquelle rend les hommes beaux, alors même qu'ils ont un corps difforme et disgracieux? Non plus que l'âme, la beauté de l'âme ne se voit point avec les yeux du corps. Où donc connaît ce que c'est qu'être juste, celui qui ne l'est pas encore et qui, pour le devenir, aime la justice? Y aurait-il dans les mouvements corporels quelques signes de nature à manifester que tel ou tel homme est juste? Mais ces signes d'une âme juste, comment les interpréter, si on ignore absolument ce que c'est qu'être juste? Par conséquent, nous ne l'ignorons pas. Mais où avons-nous appris ce que c'est qu'être juste, alors même que nous ne sommes pas encore justes. Si nous l'avons appris hors de nous, nous l'avons appris dans quelque corps. Mais la justice n'appartient point au corps. C'est donc en nous-mêmes que nous avons appris ce que c'est qu'être juste. Car lorsque je me mets à parler de la justice, ce n'est pas ailleurs qu'en moi-même que je découvre ce qu'est la justice; et si je demande à quelqu'un ce que c'est qu'être juste, c'est en lui-même qu'il cherche ce qu'il me répondra; et quiconque parvient à faire en un sujet semblable une réponse vraie, a trouvé en lui-même cette réponse. Et sans doute lorsque je veux parler de Carthage,jechercheenmoi-mêmecequeje dirai, et c'est en moi-même que je trouve l'image de Garthage ; mais c'est par le corps que j'ai reçu cette image, c'est-à-dire par les sens du corps, parce que j'ai habité corporellement