‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 62 sur 318 · De Magistro, lib. 1, cap. ix · texte numérisé non relu

De Magistro, lib. 1, cap. ix

lui CHAPIIHE I.

voix. Mais cette parole, même intérieure, n'est qu'un signe de la pensée et non point la pensée. « Quoique nous ne proférions aucun son, comme néanmoins nous pensons nos paroles, il y a là un langage intérieur. D'un autre cùté, i'élocution ne sert qu'à nous avertir, alors que la mémoire à laquelle sont attachées les parole», en reproduisant ces paroles, nous rappelle à l'esprit les choses mêmes dont les paroles sont les signes. C'est pourquoi il est constant, que les paroles ne sont que des signes \ )^ Elles ne donnent point les conceptions, elles les supposent.

Soit donc que nous instruisions autrui, soit que nous nous instruisions nous-mêmes, nous détournons notre intelligence, ou nous reportons les esprits, des mots qui nous avertissent de la vérité, vers la vérité ellemême, laquelle est intérieure, a Les mots n'ont d'autre vertu que d'inviter l'homme à apprendre, et c'est infiniment peu de chose que ce que l'élocution manifeste de la pensée de celui qui parle. Pour ce qui est de savoir si ce qu'on dit e^tvrai, c'est ce que celui-là seul peut nous apprendre qui nous fait sentir sa présence au dedans de nous, tandis que, au dehors, retentissent les paroles '-. y)

« C'est rhùte de Thomme intérieur, le Christ ou la vertu immuable et l'éternelle sagesse de Dieu, que toute âme raisonnable consulte, mais qui ne se communique à toute âme que dans la mesure de sa bonne ou de sa mauvaise volonté. Et si parfois l'intelligence humaine

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