Epist. XIV, Sebridio ^àdO
Mais si les raisons de toutes choses, si les idées de toutes les créatures doivent être cherchées en Dieu, ce sont notamment les principes éternels de beauté, de vérité et de justice, qu'il convient de rapporter à l'entendement divin.
(( Il n'y a pas de beautés sensibles, qu'elles soient des objets de la nature ou des œuvres de l'art, il n'y a point de beautés manifestées dans l'espace et dans le temps, comme un corps ou les mouvements d'un corps, que nous ne jugions belles en vertu de cette mesure et de cette unité que l'esprit seul conçoit et d'après lesquelles, par l'intermédiaire des sens, il apprécie la beauté corporelle Or, puisque cette loi de tous les arts est
absolument immuable, et que l'esprit humain à qui il est donné de concevoir une telle loi, peut, au contraire, souffrir toutes les \icissitudes de l'erreur, il est bien évident que c'est au-dessus de notre esprit que subsiste la loi qui s'appelle la vérité.... Que l'ûme se considère donc elle-même, qu'elle voie que ce n'est point d'après elle-même qu'elle juge des formes et du mouvement des corps, et qu'ainsi elle reconnaisse que de môme qu'elle est supérieure à la nature dont elle juge, elleest inférieure à la nature suivant laquelle elle juge et dont elle ne peut nullement juger ^ »
(( Où vous ai-je trouvée pour apprendre à vous connaître, ô vérité, s'écrie Augustin? — Où vous ai-je trouvée pour vous connaître, si ce n'est en vous audessus de moi? Mais là il n'y a pas de lieu, et nous pouvons avancer ou reculer, sans jamais trouver de lieu....