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Je VOUS ai aimée trop tard, beauté si auciemie et si nouvelle, je vous ai aimée trop tard. Vous étiez au dedans de moi, et moi dehors, et c'est là que je vous cherchais; je mo répandais dans vos ouvrages, et mon âme s'enlaidissait au contact de leur beauté. Vous étiez avec moi, mais je n'étais pas avec vous. Et ces choses me retenaient loin de vous, elles qui ne seraient point si elles n'étaient en vous ^ » D'un autre côté, a cette loi qui s'appelle la raison souveraine, à laquelle il faut toujours obéir ; par où les méchants méritent une vie misérable et les bons une vie heureuse; qui fonde les lois positives et qui justifie leurs changements; cette loi peut-elle être entendue autrement qu'immuable et éternelle? — Que dire, en un mot, de cette notion de loi éternelle, qui est imprimée dans nos ânies, sinon, autant que le permet le langage humain, qu'elle est la loi de l'ordre universel'-. »
Cependant, toutes ces vérités, au fond, ne sont qu'une seule et même vérité, quelle que soit la diversité des jugements que portent les hommos.
« De même, en efiét, que sont nombreux et variés les objets que les hommes aperçoiventà la lumière du soleil, et parmi lesquels ils peuvent choisir, tandis que cependant la lumière est une qui les éclaire et leur permet de lix.er leur regards, de même quoiqu'il y ait une grande variété de biens qui s'offrent au choix de l'homme et lui donnent un avant-goùt du souverain bien, il peut
. 1 . Confessiotiutn lib. X, cap. xxvi, wvii.
2. De Libcro Arbitrio, lib. 1, cap. vi. Cl. De Trimtale^ lib. MV, cap. "XV. Voyez ci-aprCs, liv. I, chap. vi, II. Delà concupiscence et de la vertu.
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se faire néanmoins que la lumière de sagesse où s'aperçoivent tous ces biens, soit une et commune à tous ceux qui sont sages ^ »
c( L'esprit de sagesse, il est vrai, est dit multiple dans les saintes Ecritures, parce qu'il contient en soi beaucoup de choses; mais tout ce qu'il a, il l'est, et toutes ces choses ne fout qu'un. Il n'y a pas en effet plusieurs sagesses, mais une seule sagesse, dans laquelle sont les immenses et infinis trésors des choses intelligibles, invisibles et immuables raisons des choses mém.e visibles et changeantes^. »
Ainsi, il n'y a qu'une sagesse. Dieu est la lumière qui nous éclaire sans l'entremise d'aucune créature. En lui nous connaissons les idées, c'est-à-dire tout ce qui est, les principes et les êtres, et nous-mêmes, et, en une certaine façon, les corps.
a C'est parce que les choses que vous avez faites existent, ô mon Dieu, répète Augustin, que nous les voyons; mais c'est parce que vous les voyez qu'elles existent ^ » « En vous subsiste la cause stable et permanente de toutes les choses qui sont le plus sujettes à l'instabilité, l'origine immuable de toutes celles qui sont le plus sujettes aux changements, les idées et les raisons éternelles et vivantes de toutes celles qui ont le moins de durée et qui sont même privées de vie et de raison"*. ))
Il va sans dire qu'Augustin ne commet point l'erreur