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création sont autrement connues des anges, dans le Verbe de Dieu, où elles ont leurs causes et leurs raisons éternellement subsistantes et selon lesquelles elles ont été faites , qu'elles ne peuvent être connues en ellesmêmes'. ))
D'autres fois, Augustin observe que ce n'est pas du premier coup, par une simple et vive intuition, que l'âme peut s'élever à la contemplation de cette divine lumière qui lui rend manifeste toute vérité. Il marque alors les degrés qu'il lui faut franchir pour gagner peu à peu ces sublimes hauteurs.
« Cherchant, écrit-il, d'où venait en moi la faculté d'apprécier la beauté dans les corps terrestres ou célestes, et de juger immédiatement des choses qui passent, en disant : « C'est ainsi, ce n'est pas ainsi ; » cherchant donc d'où me venait cette faculté, j'avais trouvé au-dessus de ma pensée mobile et inconsistante la vérité immobile. Et ainsi, je m'étais élevé graduellement des corps à la partie de l'âme qui sent par le moyen des organes ; de là à cette force plus intime, à laquelle les sens viennent rendre compte des choses extérieures, et qui se rencontre également chez les animaux ; et de là enfin à cette puissance raisonnante qui forme des jugements avec les matériaux que lui fournissent les sens. Mais cette puissance, à son tour, se sentant encore sujette au changement, s'était élevée jusqu'à l'intelligence pure, et s'affranchissant de l'habitude, s'arrachant à la foule des fantômes contradictoires qui l'envahissaient, elle avait cherché d'où lui venait cette lumière qui
1, De Chùtale Dei, lib. XI, cap. \\i\.
1 1 i CHAPITRE I.
réclairait, lorsqu'elle déclarait tout haut et sans aucune hésitation que l'immuable \aut mieux que le changeant. Elle connaissait donc cet immuable : car si elle ne l'eût pas connu, elle n'eut pu le préférer avec tant de certitude à sa propre mobilité, et parvenir à cet objet que l'on ne contemple qu'un instant et avec des regards tremblants^ »
En conséquence, il est nécessaire que l'âme se donne une certaine éducation ; il est indispensable qu'elle suive une certaine méthode et affermisse peu à peu ses débiles regards, de même qu'on accoutume avec ménagement des yeux malades à supporter l'éclat du jour. u C'est qu'il y a en effet une ineffable et incompréhensible lumière des esprits. Que la lumière matérielle nous apprenne en quelle sorte il convient d'user de cette lumière intelligible. Il se rencontre des yeux tellement sains et fermes, qu'ils n'ont qu'à s'ouvrir pour se tourner aussitôt vers le soleil, sans être offusqués. La lumière fait comme leur santé. Il y en a d'autres, au contraire, que blessent les clartés mêmes qu'ils désirent ardemment contempler, et qui, sans les avoir aperçues, se replongent souvent avec délices dans la nuit. Pour de tels yeux, quoiqu'on puisse déjà à la rigueur les déclarer sains, il est dangereux de vouloir leur montrer ce qu'ils ne sont point encore en état de voir. Il convient d'abord de les exercer, et tout en nourrissantleur amour, de différer de le satisfaire. Que Ton commence donc par leur présenter des objets qui par eux-mêmes ne sont pas lumineux, mais que la lumière peut manifes-