Conft^sio)tiim lili. VI, cap. iv
DES NOMBRES. il7
dire vrai, mais on ne peut douter que cette proposition n'ait toujours été également vraie et qu'elle ne doive l'être éternellement ^ » Cependant, d'où vient aux nombres cette immobile, cette ferme et incorruptible vérité que nous y découvrons? N'est-on pas obligé d'avouer, à moins d'avoir perdu l'esprit et de s'opiniàtrer dans Terreur, que la raison et la vérité qui gît dans les nombres n'appartient point aux sens du corps ; que c'est là une pure et immuable lumière qui éclaire tous ceux qui sont capables de raison ^?
C'est pourquoi Augustin célèbre partout la puissance des nombres. La philosophie pythagoricienne lui semble vénérable et presque divine. Lui-même le déclare : « C'est après avoir recueilli les enseignements de cette philosophie, et conçu par la pensée les nombres purs, les quantités intelligibles, c'est avec le secours de tous les arts libéraux que l'esprit s'approche de l'idée de Dieu. )) « Yeut-on savoir, ajoute-t-il, pourquoi des six livres que j'ai écrits sur la musique, le sixième offre un intérêt particuher? C'est que j'y montre comment des nombres corporels et spirituels, mais des nombres changeants, l'esprit parvient aux nombres immuables que comprend l'immuable vérité, et contemple de la sorte dans les créatures les invisibles attributs du Créateur^. »
Ainsi, non-seulement les choses nous reportent à la considération des nombres, mais aussi les mouvements des choses. Que dis-je ! les émissions mêmes de la voix. Puis, de là, comme par une roule doucement ménagée,