‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 86 sur 318 · Corife^sionum lib. X, cap. viii, xix, xxv · texte numérisé non relu

Corife^sionum lib. X, cap. viii, xix, xxv

2, Voyez notamment : De Auimo et ejus oriqine, lib. IV, cap. vu,

DE LA MÉ.MOIUK ET I)E l'iMAGINATION. loo

pouvons les confier à la mémoire telles que nous les avons reçues, ou les partager, ou les multiplier, ou les resserrer, ou les distendre, ou les ordonner, ou les troubler ^))

Ce serait, néanmoins une erreur de croire que la mémoire sensible n'ait d'autres objets que ceux-là mêmes qui tombent sous le sens de la vue. Sans doute ces objets seuls peuvent être figurés, sans doute aussi la mémoire des images a une vivacité qui lui est propre ; toutefois l'image n'est pas essentielle au souvenir, et il reste d'expérience constante que nous nous souvenons de toutes les choses qui sont perçues par les sens. Si nous nous rappelons les couleurs et les figures , nous nous souvenons de même des sons, du rude et du poli, des saveurs et des odeurs.

Augustin n'a garde pourtant de renouveler l'hypothèse de l'émission des espèces et des idées représentatives. De l'impression produite par d'autres corps sur notre propre corps naît la sensation, et de la sensation la perception. Au même titre que la perception, le souvenir est un phénomène purement spirituel. Quand je vois la mer, une montagne, le soleil, il n'y a rien qui se détache de cette mer, de cette montagne, de ce soleil pour s'incorporer à moi. A plus forte raison l'idée de cette mer, de cette montagne, de ce soleil, que me rappelle la mémoire, n'est-elle point le résultat d'une émission d'espèces.

Mais si la mémoire réside dans l'âme et non dans le

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