Voyez ci-après, liv. I, chap. m, 111. De la Trinité
DE LA MÉMOIRE El" DE l'iMAGINATION . ^59
ce que l'attente tout entière étant épuisée, l'action soit tout entière passée dans le domaine de la mémoire ^ »
L'attention, qui préside aux évolutions des souvenirs, les éclaircit de plus et les ordonne. Enfin, on doit noter, comme condition du souvenir, l'association des idées. Car, « nous ne pourrions pas avoir la volonté de nous souvenir, si nous ne possédions, dans le secret de la mémoire, ou tout ou partie de l'objet dont nous voulons nous souvenir ^. )^ Or, de même que la partie rappelle le tout, l'époque rappelle l'événement, l'effet la cause. Nos idées, en un mot, s'associent suivant divers rapports qui facilitent en diverses mesures les opérations de la mémoire.
A la mémoire se rattache, d'une manière étroite, l'imagination.
Effectivement, si la mémoire peut s'exercer sans l'imagination, l'exercice de l'imagination, au contraire, présuppose celui de la mémoire. Il faut à l'imagination, des matériaux auxquels elle s'applique, qu'elle transforme même et qu'elle modifie. Et ces matériaux, que lui fournissent tour à tour les sens et la raison, lui sont rendus présents par la mémoire.
L'imagination, à ce compte, ne se réduit point, dans la pensée d'Augustin, à la simple Imaginative. Sans doute nous imaginons des choses corporelles, et nous ne pouvons les imaginer sans l'entremise des sens ^