‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 91 sur 318 · Ëpist. VII, NebridiOy cap. i · texte numérisé non relu

Ëpist. VII, NebridiOy cap. i

Ce sont là les représentations immédiates, les reproductions plus ou moins fidèles de la mémoire, çav-rasiat. Mais le rôle de l'imagination ne se borne point, comme celui de la mémoire, à rendre en quelque manière ce qu'elle a reçu. L'imagination assemble ou désunit, diminue ou accroît, retranche ou ajoute. De là, outre les çr/Ta^ia-., les créations quisontproprementdes çTr.iz'^.7.-:x, C'est pourquoi, il arrive que nous nous représentons ce que nous n'avons jamais vu. Prenez, par exemple, un homme qui ait été nourri en terre ferme et loin des bords de la mer. La vue d'un verre d'eau ne l'en rendra pas moins capable d'imaginer la vaste étendue de l'Océan ^

L'imagination qui, de la sorte, dépasse la mémoire et les sens, et qui les dépasse en vertu d'un secret principe de raison . lequel préside à ses combinaisons ; l'imagination , d'ailleurs , le cède à la raison. Il y a telle multiplicité, en présence de laquelle l'imagination expire, tandis que l'entendement l'embrasse comme sans effort. Essa\ez d'imaeiner une fiofure de mille côtés; vous n'y parviendrez certainement pas. Au contraire, la raison entend à merveille l'idée de ce polygone. De même, la raison entend la divisibihté de la matière à l'infini, tandis que l'imagination se trouve promptement impuissante à se figurer des molécules un peu ténues. Qu'il s'agisse d'augmenter ou de diminuer indéfiniment le nombre, la raison marche, mais l'imagination ne la suit point, a Ratio quidem pergit, sed phantasia non sequitur '. ■»>

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