De Anima et ejus origine, lib. IV, cap. ii
Nulle àme absolument, et très-particulièrement l'âme humaine, ne peut être un corps, c'est-à-dire une chose susceptible de quantité, c'est-à-dire une chose étendue en longueur, largeur et profondeur.
C'est ce qu'Augustin démontre à l'aide de preuves multipliées. « Comment, en effet, le^ corps serait-il âme, quand le corps et i'âme ont une nature si différente , et comment l'âme ne serait-elle pas esprit , quand l'esprit et l'âme ont une seule et même nature*? n Qu'un corps puisse être changé en un autre corps, cela se conçoit. Mais qu'un corps puisse être changé en une âme, c'est ce qui est absurde^.
Premièrement, l'âme n'est pas corporelle. Car elle est supérieure au corps. C'est Tâme, en effet , qui donne au corps la vie, qu'aucun corps ne peut communiquer à un autre corps. Le corps n'a par lui-même ni le mouvement, ni le sentiment, sans lesquels on ne saurait entendre la vie. Le propre du corps est uniquement l'étendue, avec les différentes dimensions dont elle est susceptible^. L'âme d'ailleurs se meut dans le tem.ps, le corps dans le Ueu. Or, la substance qui se meut seulement dans le temps passe avant la substance qui se meut dans le temps et dans le heu '^.
Secondement, l'âme sait certainement qu'elle est, car elle pense, et alors même qu'elle se tromperait, sa pensée n'en attesterait pas moins son être, ce Sum, si
i. De Anima et ejus orujine , lib. IV , cap. Xlii.