‹ La philosophie de Saint AugustinChapitre 99 sur 318 · De Genesi ad Littéraux ^ lib. VIII , cap. xx · texte numérisé non relu

De Genesi ad Littéraux ^ lib. VIII , cap. xx

DE LA NATURE DE l'a3IE. 17j

fallorK y) Nul n'a jamais pu douter de la connaissance de son propre être.

Toute âme se connaît donc certainement. L'âme se connaît même plus clairement et mieux qu'une foule d'autres choses, touchant lesquelles elle n'élève pas le moindre doute ^. Et cependant, elle ne se connaît point en tant que corps, puisque les uns affirment qu'elle est corps, et les autres le nient. Il y a plus. Elle ne peut se connaître en tant que corps. Car dans sa substance, qu'elle connaît et qu'elle connaît tout entière, elle ne découvre ni étendue, ni figure, ni couleur^. Comment, si l'âme était corps, ne se connaîtrait-elle point en tant que corps, elle qui se connaît beaucoup mieux que le ciel et la terre , qu'elle connaît par les yeux du corps'* ? Qu'on y réfléchisse! Quand disons-nous que nous connaissons un homme? N'est-ce point lorsque nous connaissons, autant qu'il est en nous, sa vie et sa volonté, lesquelles n'ont ni masse ni couleur? De même, nous nous connaissons nous-mêmes, d'une certitude plus profonde que les autres hommes , parce que nous avons conscience de nous-mêmes, conscience de notre volonté, et cette conscience, néanmoins, ne nous offre avec le corps aucune analogie \ Que si en songe l'âme se conçoit elle-même comme corporelle, ce n'est pas qu'elle soit vraiment corporelle. Cela tient aux repré-

1 . De Civitale Dei , lib. XI , cap. xxvi, xxvii j Cf. De Gène si ad Un,, lib. Vil , cap. XXI.

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