Averroës et l'Av&rroïsmet par Ernest Henan, p
304 DES UNiVERSAUX
hypothèse qui n'a plus aucun sens, si elle ne signifie pas que les individus ne possèdent pas Têtre par eux-mémest et sont des formes éphémères du genre humanité qui seul existe substantîeQement? Écartes les formules abstraites dont Tobscurité dissimule à peine le vice de la pensée; en allant au fond du système, qu*y trouTes-vous, sinon k négation de Fètre individuel, avec toutes les suites absurdes ou fausses qu'elle entraine '/ Aux partisans d'une pareille philosophie» saint Thomas aurait pu répondre, comme aux avcrroïstes de TUniversité de Paris, que l âme pense et qu*elle sait qu'elle pense; queTàme veut et qu'elle sait qu'elle veut; que dans toutes les opérations de la pensée elle a le sentiment de sa causalité et de son être propre, et que nul artifice de la logique ne saurait prévabir contre révidence de cet énergique sentiment.
Nous avons vu que la réfutation du pantiiéisme arabe avait été regardée par les contemporains de
saint Tiiumas, comme un de ses premiers titres de gloire, et qu'elle avait eu pour eiïet immédiat d'extirper Terreur qui tendait à s'enraciner dans les écoles chrétiennes. Le jugement que le moyen âge a porté de cette partie des œuvres du docteur Angélique n*e8t pas le cri aTeugle d*un frivole enthousiasme; la philosophie de nos jours peut et doit le ratifier. 11 y a, disons-le encore, une parùe de la métaphysique de saint Thomas que le temps emportera, ou plutùi qu'il a emportée, parce qu'elle reposait sur
Diyiiizeo by