‹ La philosophie de saint Thomas d'AquinChapitre 24 sur 125 · DES THOMISTES ET DES SCOTISTBS · texte numérisé non relu

DES THOMISTES ET DES SCOTISTBS

i àmo peut dans sa condition présente connaître Dieu par la lumière naturelle, et qu'en général, pour saisir ici-bas la vérité, elle n'a pas besoin d'une liiinifire spéciale divinement surajoutée a ses facultés propres* Cette dernière thèse peut être considérée comme une réponse à Henri de Gand que nous avons entendu émettre Topinion contrairi'. Mais quelles sunl les sources de la conoaissaoceV Ëstpelle innée, est-elle acquise? Et si elle est acquise, provient-elle de la sensation, ou bien est-elle l'œuvre d'un principe supérieur qui la dépose à chaque moment pour ainsi dire dans Fesprit de rhomme? Bernard se prononce énergiquement contre rhypolh6se des espèces innées. Reléguée en effet au plus bas degré de T échelle des intelligences, comment Tâme pourrait-elle posséder par elle-même et apporter en iiaissaiU les idées qui constituent la connaissance ? Sou union avec le corps serait dans ce cas sans utilité, ou plutôt elle deviendrait une entrave à l'exercice de la pensée, c'est-à-dire un état contre nature; ce qui est absurde. D'une autre part, si Tàme recevait directement ses idées par Finlluence d^one cause surnaturelle, selon Topinion d'Avicenne, an- . rait-elle besoin, pour connaître, de Timpressioii des objets extérieurs, qui est cependant la condition de la pensée? La conclusion que pose Bernard avec Arisfote et iiiaint Tliunias, c'est que le point de départ de uos idées, même les plus élevées, est la sensation, et que

aniin r roujunctci coriuri dispiUaUe et exeeUenUr determinaUe a fraire liernardo (U Trilia,

l€8 données sensibles sont ensuite modifiées par To-

pératioi» de l'en tende ment.

Parmi les défenseurs de la doctrine de saint TbomaSy qui ont appartenu à Tordre de saint Dominique, on cite encore le cardinal îlugues Aicelin de Billiom que sa renommée comme théologien et comme prédicateur éleva aux premiers honneurs de I*Ëglise'; Gnilliume de Ilottnn, qui mourut eu r298, nrclievêque de Dublin, après avoir enseigné quelque temps aux écoles de Paris*; Thomas de Sutton, un des maîtres de l'université d'Oxford ' : Bernard d'Auvergne, qui combattit Henri de Gand sur les points où il diffère du docteur Angélique Jean de Paris^ surnommé tantôt le Smrd^ tantôt Qui dort, auquel une tradition répandue ebez les dominicains^ attribuait la réfutation de Touvrage de Guillaume de Lamarre contre saint Thomas*. La plus grande partie d<\s uuvraj^es de ces premiers champions du thomisme sont maintenant ou détruits» ou perdus dans la poussière des bibliothèques. Pour ceux qui ont vh le jour, ce serait un travail également stérile el fastidieux que d en essayer ici l'analyse. Qu'aurions-nous à présenter, sinon le tableau des mêmes questions

ï.Soipt. Ord. l'ruiitcal., l. 1, p. ^50; Utsi. itti. de la France^ l. XXI, p. 71 et sniv,

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