Voy. i. 1 du présent ouvrage, p. 426 ei suiv
DEPUIS LA FiK DU XV SIÈCLE. %kl
nement populaire, et il essaye de proayer aux Florentins qu'ils n'ont rien de mieux à faire que de se constituer et de vivre en démocratie. Au fond cependant, la contradiction est moins grossière qu'elle ne paraît; Savonarule du moins Ta aperçue et il n'a rien négligé pour se laver du reproche d'inconséquence. Sait-on pourquoi il ne faut pas de roi à Florence? C'est (|ue le peuple tlorentin , qui ne manque ni d'intelligence, ni de courage, est aussi enclin aux dissensions et à la révolte, qu'il se com* pose de méchants en bien phK> *j,iaiid nombre que de bons, et que s'il avait un roi, il le ferait périr par la trahison , ou il robligerait à usurper la tyrannie pour 80" défendre. Comme la tyrannie est la pire des calamités, mieux vaut le gouvernement populaire, surtout 'après l'expulsion des Médicis où a éclaté le doigt de Dieu. Voilà en peu de mots le motif des préférences de Savonarole en faveur de la démocratie florentine. Sa conclusion pratique se concilie aisément d'après cela avec l'aveu des avantages spécuiatiiâ de la monarchie.
Savonarole est la personnification éclatante de la lutte qui se livrait alors au fond de quelques âmes
entre les souvenirs du passé et les espérances de ravenir. Nourri de fortes études scholastiques, il est resté, autant qu*il a pu, fidèle à ses modèles» et si
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quelque chose peut étonner dans cette fougueuse
iiiia^mation, c'est qu'en théorie elle ait accepté aussi docilement le frein d'Ahstote et de saint Thomas. Mais la circonspection do philosophe contrastait avec la témérité du chd de parti. Les vrais disciples du docteur Angélique ne pouvaient pas reconnaître pour sa postérité le tribun enthousiaste qui avait surexcité tiaos Florence les passions ])opulaires. Savonarole causa chez les Dominicains encore plus d appréhensions que de sympathies. Sa mémoire trouva parmi eux (les défenseurs, parce qu'il éUiit sorti de leurs raugs» mais son exemple lut redouté. Afin d'éviter les dangerenses séductions du présent et de comprimer l'esprit d'aventure, les diCPérentes maisons de Tordre se lienneat le plus prés possible de la tradition. On renonce à entreprendre des livres ori{^aux et on se borne en général à expliquer le Stagirite et les maîtres de la scholastique. Quétit' et Ecbard ont dressé le catalogue fidèle des productions de l'École dominicaine pendant tout le cours dn xv* et du xvi* siècle : saint Thomas fournit à plus do quarante écrivains la matière de volumineux commentaires, tables ou abrégés de ses principaux ouvrages. Au n()mi)re de ces laborieux interprètes se distinguent par l'utilité, si non par l'éclat de leurs travaux, Pierre de Bergame, auteur d*une table méthodique très-détaillée de tous les écrits du saint docteur*;