Voy. plus haut, liv. I, sect. iii, c. i, 1. 1, p
â. Voy. plus haut, Uv. I, sect. m, c. ii, 1. 1, p. %S6 et 337. Kom citons un passage de la Somm$ ccnin /es Geniib qu 'A est curieux de rapporter des troisième, quatrième et cinquième écrits de Leibniz en réponse à Clarke. 0pp., edit. DUtenSp t. Il, p. I» p. ISl, 190 et 156.
3. fhioàieie, p. HI, S ^IS : « Entre une inOnité de mondes possibles, il 7 a le meilleur de tous ; autrement Dieu ne se serait déterminé à en créer aucun. » '
Diyilizeo by GoOglc
S68 LE TaomsiiB
découvrir chez suiiU Thomas les premiers geroies de la monadologie ' : innocente illusion qui fait voir du 11101118 que le sage philosophe n*aiaiait pas à hàtir sur des fondements entiùrt nîrnt nouveaux et qu'il cherchait jusque dans la tradition philosophique du moyen âge des antécédents à ses inventions les plus personnelles.
On sait comment, par un de ces retours si fréquents dans l'histoire de Tesprit humain, un siècle après rapparition du cartésianisme, cette noble philosophie fut abandonnée dans le pays même qui l'avait vue s'élever. La France, naguère suspendue à la pensée de Descartes , se précipitait avec une ardeur égale vers l'empinôme de Locke et de Condillac. Certes, aucune doctrine ne pouvait être plus opposée à l'esprit général du thomisme que la philosophie de la sensation. Cependant les défenseurs de cette philosophie auraient découvert dans la Somme de Théologie, 8*ils Tavaient connue, plus d'un texte facile à interpréter d'une manière favorable à leur système sur Torigine des idées. D'une autre part, aux esprits généreux qui» vers la même époque, commencent à 8*éprendre de la liberté, le traité du Gouvemèment des princes n'otlrait-il pas un puissant intérêt, en leur mon-
1. Opp., edit. Dutens, t. VI, p 332: « Tliomas d'Aquin a déjà dit que ks âmes des animaux sont indivisibles, d'où il s'ensuit qu'elles sont incorruptibles. Apparemment qu i! n'a pas voulu s'expliquer plus ouverlement et s'est contenté de po?er le fondement. » Cf. Opp., t. Il, p. 50, SystéiM nouveau de la nature et de la communia cation des substances*
DEPUIS LK FllV DU XV* SIÈCLE. 969
Iraut plus (le quatre siècles avant Rousseau et iMontesqoieUf comment un moine dominicain, de la famille des empereurs d'Allemagne, avait flétri la tyrannie, et réclamé pour les nations le droit de participer au règlement de leurs propres aHaires? Les ouvrages de saint Thomas présentaient donc, même au xviii* siècle, des modèles et des leçoDs ap[>ropriée8 à l'état de la société européenne. Mais, publicistes ou philosophes, quel est celui qui aurait alors songé à chercher des exemples parmi les docteurs schola»ùques? D'injustes préjugés et des goûts frivoles mêlés à de sublimés aspirations entraînaient les esprits dans une voie tout opposée. Saint Thomas i)artiigea la défaveur qui enveloppait le moyen âge et le catholicisme, et toute reUgion, et la philosophie ellemême, dès qu'elle professait avec Descarles une âme spirituelle et une Providence. Ses ouvrages que, malgré la rigueur des temps, un courageux éditeur, Bernard de Rubets, ayait encore la patience de recueillir et de cumnienter ses ouvrages perdirent toute espèce d'influence sur la marche des idées ; les philosophes ne les citèrent que pour tourner en dérision ce qu ou nommait alors la barbarie scboiastique; le clergé lui-même, entraîné par Texemple, se prit à chercher d'autres modèles moins austères; de
1. Divi'Thomu Aquimlîs doctoris Anfjelici Ordinis pr.tdicatornin Opéra. Accrilunt Vifn scii elogium ejus a Jacobo fùfnitfln diligenli^sime coiifinnatmn et liernardi Marin- d^ Buheis in stnyula Opéra admonit%ime$ prxvix. Venetiis, 17^5-175B, 28 vol. in-4.