‹ La philosophie de Schopenhauer (volume 2)Chapitre 18 sur 97 · Parerga und Pamlip., tome II, § 29 et · texte numérisé non relu

Parerga und Pamlip., tome II, § 29 et

'.'. Denn dièse ist dnrcli tin I dnrch ninlits aïs Causalitat : Ilir Seyn nriiiilich ist ilir Wirken, u. 8. n-. Die Wclt als Wille, tome F, liv. I, § 4.

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tence réelle, qu'y a-t-il essentiellement? Il y a la simultanéité (das zugleichseyn) de plusieurs états. C'est par elle seule que la durée est possible; puisqu'elle n'est connaisêable qu'autant qu'il y a là quelque chose qui chano^e tout en durant. Ce que nous appelons le changement consiste en ce que quelque chose dure au milieu de ce qui change; que la qualité et la forme variant, la substance c'est-à-dire la matière, reste stable. Dans le pur espace, le monde serait fixe et immobile; nulle succession, nul changement, nulle action ; mais avec l'action, la représentation de la matière disparaît. — Dans le temps pur, tout serait un flux perpétuel ; nulle stabilité, nulle coexistence, nulle simultanéité, donc nulle durée : "par suite nulle matière. — De l'union de l'espace et du temps résulte la matière, c'est-à-dire la possibilité de la simultanéité, de la durée, par suite de la permanence de la substance, au milieu des changements d'état. »

(I Le corrélatif subjectif de la matière ou de la causalité qui soiittoutes deux une seule et même chose, c'est l'entendement (Verstend); il n'est rien de plus. Connaître la causalité est son unique fonction. Réciproquement toute causalité, toute matière, toute réalité n'est que pour l'entendjement, par l'entendement, dans l'entendement. » Ceci nous conduit de la métaphysique à la psychologie.

La psychologie de Schopenhauer est nettement empirique. Elle révèle le lecteur assidu de Locke, de Hume, de Priestley et des sensualistes français de la fin du XVIII* siècle. Il y montre un goût bien déterminé pour le concret. Le particulier, l'individuel, le fait, voilà pour lui ce qui est positif; c'est la terre ferme dont il faut toujours sentir l'appui ou s'éloigner le moins possible. Ramenez toujours l'abstrait au concret, les concepts aux

intuitions : ceux-là ne valent que par celles-ci. Il a écrit sur Le rapport de la connaissance intuitwe à la connaissance abstraite, un chapitre que nous recommandons au lecteur : « Puisque les concepts empruntent leur matière à la connaissance intuitive, et puisque tout l'édifice du monde de la pensée repose sur le monde des intuitions; nous devons toujours pouvoir revenir par des intermédiaires, du concept aux intuitions d'où il est tiré ; sans quoi nous n'avons que des mots en tête. » La connaissance intuitive étant la première de toutes, la seule réelle, il faut, avant tout, voir et sentir par soi-même. Dans beaucoup de livres, l'auteur parle de choses qu'il a pensées, mais qu'il n'a pas senties et perçues; il écrit par réflexion, non par intuition : c'est ce qui rend son œuvre médiocre et ennuyeuse. Quand on ne parle que de ce qu'on a lu, on ne se fait pas lire *.

Et cela est vrai aussi des savants qui ne possèdent souvent qu'une science morte , une science qu'ils connaissent, mais qu'ils ne comprennent pas, qui ne fait pas partie d'eux-mêmes, parce que l'expérience et l'intuition ne l'ont pas rendue vivante pour l'individu. Pour la philosophie de même : sa matière, c'est la conscience empirique (conscience de nous-même ou du monde extérieur). C'est là la seule donnée immédiate et réelle. Toute philosophie qui, au lieu de partir de là, part de concepts abstraits, comme l'absolu, la substance. Dieu, l'infini, l'être, l'essence, l'identité, etc., etc., se perd dans le vide et passe son temps à tourmenter des abstractions creuses, comme le font les Alexandrins quand ils dissertent sur l'un, le multiple, le bien, le meilleur, le parfait; ou comme l'école de Schclling avec son identité, sa diversité, son indifférence, etc. « La sagesse et le génie, ces deux cimes du « Parnasse de la connaissance humaine, ont leur racine « non dans les facultés abstraites et discursives, mais « dans les facultés intuitives. La sagesse véritable est

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