‹ La philosophie de Schopenhauer (volume 2)Chapitre 30 sur 97 · Die Welt als Wille u. «. w. tome II, cli. xxv · texte numérisé non relu

Die Welt als Wille u. «. w. tome II, cli. xxv

l'art 91

les formes immuables qui , soustraites au devenir, se manifestent en tous les corps, inorganiques ou organisés. Ces idées se manifestent dans d'innombrables individus auxquels elles servent de modèles. Mais la pluralité des individus est représentable seulement dans l'espace et le temps: leur origine et leur mort s'expriment parla loi de causalité, ils sont soumis, à la raison suffisante, dernier principe de toute individuation, et forme générale de la représentation. L'idée, au contraire, est soustraite à cette loi : chez elle, il n'y a ni pluralité, ni devenir. Tandis que les individus dans lesquels elle se manifeste sont multiples, soumis à la .'naissance et à la mort, elle demeure immuable, une et identique, et la raison suffisante n'a pour elle aucun sens. Or, si la raison suffisante est la forme à laquelle est soumise toute connaissance du sujet, en tant que ce sujet est individu, il en résulte que les idées doivent demeurer en dehors de sa sphère de connaissance. Les idées doivent-elles devenir objet de connaissance, cela ne peut être que par la suppression de l'individualité dans le sujet connaissant*. »

Les idées apparaissent ainsi dans la nature comme les symboles des espèces, les types sur lesquels se règle toute réalité. Tandis que la nouvelle méthode des sciences naturelles élimine les notions de genre et d'espèce, rompt les cadres des classifications logiques, et introduit le devenir sans limites dans l'univers vivant, Schopenhauer, pour arrêter ce flot perpétuel des choses qu'imaginait jadis Heraclite, asservit les phénomènes aux idées immuables, aux types spécifiques. Cette intervention des idées dans la nature môme ressemble déjà, si l'on peut dire, à une première esthétique qui rétablit l'ordre et l'harmonie parmi le chaos des êtres.

Mais comment attribuer aux idées une valeur toute platonicienne, dans une doctrine qui, pour premier objet, se propose de démontrer le caractère relatif et suh-

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