‹ La philosophie de Schopenhauer (volume 2)Chapitre 36 sur 97 · Ibid., tom, I, livre III · texte numérisé non relu

Ibid., tom, I, livre III

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le spectacle des arbres inclinés par le vent, jusqu'aux Leros des romans modernes, tous les cœurs blessés, éprouvés par les passions, ont eu recours au remède souverain rappelé dans cette phrase du philosophe. Mais, seules, les âmes d'élite, agrandies par la douleur, peuvent en comprendre la vertu : quant aux hommes asservis à la volonté, et qui ne s'élèvent point à l'objectivité, « ils ne peuvent rester en tète à tête avec la nature, ils ont besoin de société, au moins d'un livre. » I! y a peu d'élus, capables de dominer leurs sentiments et leurs intérêts: pour la plupart des hommes, la vie est un combat, un conflit d'égoïsmes, quelque chose d'analogue à l'état de guerre dépeint par Hobbes ; ils sont rares les esprits désintéressés qui, jetant un regard i-étrospectif sur le chemin parcouru, ne retrouvent dans leurs souvenirs que la contemplation pure et l'objectivité, cet état enfin « où le monde comme volonté est évanoui, où le monde comme représentation reste seul. « En cela, comme le disait Aristote, l'art est une purification, il a pour symbole la lumière, ce vêtement des bienheureux; si, en effet, la lumière nous réjouit, c'est qu'elle est la corrélation et la condition de la connaissance contemplative accomplie, la seule qui n'affecto pas immédiatement la volonté. C'est ce que les religions ont bien compris en faisant de la lumière le séjour de la béatitude éternelle: « Ormuz réside dans la pure lumière, Ahriman dans la nuit sans fin. De même dans le paradis dantesque les âmes brillent, points lumineux, groupés selon des formes régulières, à peu près comme au Vauxhall à Londres *. » La beauté est comme un premier rayon de cette lumière céleste : elle est l'initiation à ce monde supérieur de l'olijeclivité et de la vie contemplative dont Aristoto faisait l'idéal do la morale liumaiiKi.

Le beau n'est pas toutefois le seul sentiment qu'évcil- "îni le spectacle de la natui'e et les chefs-d'œuvre dos

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