‹ La philosophie de SchopenhauerChapitre 21 sur 56 · Die WeU als Wille, tome II, ch · texte numérisé non relu

Die WeU als Wille, tome II, ch

2* Ibidem^ tome II, ch <&

tK3 LA PHILOSOPHIE DB SCHOPBNHAUER

pensée- Tantôt ce sont des sensations qui viennent du dehors, tantôt des associations qui viennent du dedans ; notre pensée est comme une lanterne magique au foyer de laquelle il ne peut se former qu^une image; mais qui, f Lit-elle la plus belle, doit céder la. place aux plus communes, aux plus hétérogènes. En vain prétendrat-on avec Kant qu'il y a « une unité synthétique do Taperception », un « moi » qui met de Tunité dans tout cek. Ce principe unifiant est lui-même inconnu, c'est un gros mystère ; et qu*est-il au fond? la volonté.

La nécessité pour la pensée d*être réduite à une>seule dimeiision cause V oubli. Dans la tète la 'plus savante, tout savoir n'est que virtuellement ; il ne peut pas^r de la puissance à l'acte que sous la condition du temps, de la sueeession. La connaissance la plus complète et la plus sûre, c'est l'intuition. Mais elle est limitée à l'individu et les intuitions ne peuvent se fondre en un concept que par la suppression des différences, c'est-à-dire par un oubli.

Ajoutez à cela que l'intelligence vieillit avec le cerveau ; que, comme toutes les fonctions physiologiques, eîle perd son énergie avec l'âge.

Puis à. ces imperfections essentielles s'en joignent * d'autres non essentielles, importantes pourtant. Il est ditïicile que l'intelligence soit à la fois très vive et très solide, qu'on ait l'intuition du génie et la méthode du logicien. Il y a des qualités qui s'excluent d'ordinaire. On ne pout être à la fois Platon et Aristote, Shakespeare et Newton, Gœthe et Kant.

L'intelligence en somme n'a, comme nous le verrons, ^ qu'une fin : la conservation de l'individu. Le reste est

j de luxe. « Le génie est aussi utile dans la vie pratique,

qu'un télescope dans un théâtre. » Aussi la nature le dispense-t-elle d'une façon aristocratique. Les différences d'intelligence sont assurément plus grandes que celles de la naissance, du rang, de la richesse, de la casie ; mais ici comme dans toutes i^s aristocraties, il

nait mille plébéiens pour'un noble, un million pour un prince ; le plus grand nombre forme « la canaille. »> Et comme l'intelligence est un principe de séparation, de différence, le génie se sent isolé. Suivant le mot que Byron prête à Dante, vivre pour lui, c'est

Se sentir dans la môme solitude que les rois,

Sans avoir cette puissance qui leur permet de porter une couronne *.

Telles sont les vues les plus importantes de Schopenhauer sur la théorie de Tintelligence. Le reste se trouve partout ailleurs. Son idéalisme lui-même n'est qu'un kantisme modifié. Sa véritable originalité nous ne la connaissons pas encore, mais nous allons la trouver.

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