Die Welt adê Wille u. Vorsiel,, tom« 11, ch. vu
de la causalité. — Au dessus la raison {Vernunft) justement appelée la réflexion ; parce qu'elle est un reflet de la connaissance intuitive. L'entendement n'a qu'une fonction : la connaissance immédiate du rapport de cause à effet. La raison n'a qu'une fonction : la formation des concepts. L'entendement est le même chez tous les animaux et tous les hommes, puisqu'il n'a qu'une fonction unique. Seulement le degré d'étendue de sa sphère est extrêmement variable ; il va du plus haut au plus bas. — La raison, elle, « est de nature féminine; elle ne peut donner qu'après avoir reçu. Par elle-même» elle n'a rien que les formes vides de son activité. »
De la raison naissent le savoir ( Wissen) et la science ( Wissenchaft) qui en est le plus haut degré. Le rapport du savoir (c'est-à-dire de la connaissance abstraite) à la science est le rapport du fragment au tout. Schopenhauer — avec beaucoup de raison, selon nous — n'admet de science que là où il y a subordination des vérités inférieures ; comme dans les mathématiques, la physique, la chimie. « Aussi l'histoire est-elle un savoir et non pas une science. »
Les analogies de la psychologie anglaise avec celle de Schopenhauer se complètent par sa théorie de l'association des idées. 11 est bien douteux, il est même invraisemblable qu'il ait eu connaissance des travaux récents publiés en Angleterre sur cette question; du moins, on n'en trouve nulle part la trace. Il ne faudrait pas croire non plus qu'il donne à cette loi d'association l'influence prépondérante qu'on lui a attribuée dans ces dernières années. Il n'en reste pas moins vrai qu'il a parfaitement vu l'importance de cette loi et qu'il l'a même identifiée avec la loi de causalité, c'est-à-dire qu'il l'a réduite au mécanisme pur et simple.
« La présence des représentations et des pensées dans notre conscience est aussi rigoureusement soumise au principe de raison suffisante sous ses diverses formes que le mouvement des corps l'est à la loi de la causa-
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litô. Il n'est pas plus possible à une pensée d'entre i dans la conscience sans occasion, qu'à un corps do se mettre en mouvement sans cause. Cette occasion est ou externe^ comme une impression sensorielle, ou interne comme une pensée qui en amène une autre, en vertu de l'association : par ressemblance, ou simultanéité ou rapport de principe à conséquence. La loi d'association n'est donc rien autre chose que le principe de raison suffisante appliqué au cours subjectif de la pensée. »
Mais la loi subjective d'association comme la loi objective de la causalité sont soumises l'une et l'autre & la direction supérieure de la volonté a qui force l'intelligence, sa servante, à lier pensée à pensée, afin du pouvoir s'orienter le mieux possible dans tous les cas *. ^ Nous verrons dans le chapitre suivant sur quelles raisons Schopenhauer s'appuie pour établir cette supériorité de la volonté. Ici nous nous bornerons à dire quel procès il intente à l'intelligence et quelles imperfections il lui reproche *.
Partout, il traite l'intelligence en ennemie qu'il faui punir d'avoir usurpé le premier rang. Un de ses premiers défauts c'est d'être successive. Notre conscience a pour forme non l'espace, mais le temps seul. Par suite notre pensée n'a pas trois dimensions, comme notre intuition ; mais une seule, comme une ligne sans largeur ni profondeur. Nous ne pouvons donc rien connaître que successivement, parce que nous ne pouvori:^ avoir conscience que d'une chose à la fois. Notre intelligence est comme un télescope qui n'a qu'un champ de, vision très étroit. La conscience est un flux perpétuel, sans rien de stable.
De là une autre imperfection de l'intelligence, son caractère fragmentaire et l'éparpillement de notre