‹ La philosophie de SchopenhauerChapitre 36 sur 56 · Die Welt, tom. I, Uv. 1IT · texte numérisé non relu

Die Welt, tom. I, Uv. 1IT

l'art 101

beaux-^rts ; le langage esthétique sait y ajouter le sublime et le joli. Schopenhauer ne Foublie pas, et, abandonnant ici les traces de Platon pour revenir à la pensée de KanL^ il s'applique à distinguer avec précision des nuances, ce que le jugement de la foule ne se fait pas scrupule de confondre. « Dans le beau, dit-il, la pure connaissance domine et remporte sans combat; dans le sublime, au contraire, Tétat de pure connaissance n'est conquis que par une rupture consciente et violente avec la volonté, La conscience accompagne la conquête et la perception du sublime, dans lequel persistent les souvenirs de la Yolonté *. » On reconnaît dans ces paroles Texpressioii de la doctrine Kantienne adoptée par JoufFroy : le sublime est représenté comme une sorte de beauté imparfaite, trop voisine de TefTort et de la volonté, trop altérée par la douleur et la lutte, et, s'il est permis de l'avouer, trop humaine. Or, comme la volonté est le fond éternel du monde, comme elle se manifeste aussi bien dans la nature et dans l'espace que dans l'homme, le sublime qui est la rupture violente de l'intelligence avec la volonté, peut se diviser en sublime dynamique, mathématique, ou moral, selon qu'il a pour théâtre la nature, le domain a de la géométrie, ou l'âme de l'homme. La violence d'une tempête, la hauteur d'un monument, la fermeté d'ua caractère peuvent inspirer le sentiment du sublime, choz les âmes les moins délicates, tant la théorie se confirme avec évidence dans ces exemples : mais il faut une analyse fine et pénétrante pour saisir avec justesse les différences imperceptibles qui en certains cas séparent le sublime du beau lui-môme. Cette transition entre ]qs deux sentiments, Schopenhauer s'ingénie à en suivre les moindres progrès, il apporte à cette œuvre la minutie d'un psychologue anglais, et l'on dirait, tant les traits sont subtils, d'un graveur ou d'un miniaturiste I Ces curiosités ingénieuses de l'observation raffinée

Page 1