L HOMME ET SES ÉCRITS
de l'auteur, en empruntant à ses autres publications tous les éclaircissements nécessaires.
Uinsuccès de ce livre fut complet. Schopenhauer, aussitôt après avoir remis son manuscrit à l'éditeur, était parti pour visiter Rome et Naples (automne de 1818). 11 resta près de deux ans en Italie, étudiant les œuvres d'art, fréquentant les musées, les théâtres, les églises, sans dédaigner des plaisirs qu'il avait pourtant condamnés.
En 1820, il revint à Berlin et y professa comme privât doccnt pendant un semestre. Mais le succès de Hegel et de Schleiermacher qui enseignaient à la même Université lui porta ombrage, et de cette époque date son horreur pour l'enseignement officiel et les professeurs de philosophie. — Au printemps de 1822, il retournait en Italie où il resta jusqu'à 1825, complétant ses études esthétiques et ses observations morales. — Il revint encore à Berlin où il paraît avoir eu quelque désir de s'essayer de nouveau à l'enseignement philosophique, a Son nom fut inscrit sur le programme des cours, dit Tun de ses biographes; mais il ne professa pas. » Il vécut dans cette ville, solitaire, presque oublié, jusqu'au moment où les ravages du choléra le firent s'enfuir à Francfort-sur-le-Mein. Il se fixa « dans ce séjour si bien fait pour un ermite » et y passa tout le reste de sa vie, c'est-à-dire vingt-neuf ans.
Il ne faut pas oublier qu'il était encore totalement inconnu. Dans la retraite de Francfort, sa mauvaise humeur, son indignation « contre les charlatans et les calibans intellectuels » auxquels il attribuait ses insuccès, ne faisait que couver et s'accroître de jour en jour. En 1836, il publia un nouvel ouvrage sous le titre de la Volonté dans la nature^. Même silence autour de cet écrit, qui parut mort-né comme les autres. Schopenhauer y développait sa théorie de la volonté, en l'appli-