‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 103 sur 539 · Dr Anima et ejns origine . lib. IV, cap. Xiv · texte numérisé non relu

Dr Anima et ejns origine . lib. IV, cap. Xiv

174 CHAPITRE il.

se sert uniquement du regard de l'esprit ^ Certes, autre chose est Tâme, autre chose sont les organes du corps. C'est ce qui résulte des faits les plus familiers. Que Tâme soit plongée dans la méditation, et les objets les plus divers frapperont inutilement les yeux du corps; elle n'en aura aucune connaissance. Que si cette méditation est très-intense, nous nous arrêterons tout à coup en marchant, et l'âme distraite cessera de donner l'ordre nécessake pour que les pieds se mettent en mouvement*. Dira-t-on que si l'âme n'est pas le corps, elle est du moins l'harmonie, ou si l'on veut le tempérament du corps? « Quiconque, encore une fois, s'est considéré attentivement soi-même, n'a-t-il pas éprouvé qu'il avait une intelligence d'autant plus pure de la vérité, qu'il pouvait davantage arracher, soustraire son esprit aux sens du corps? Indubitablement, cela ne pourrait pas être, si l'âme était le tempérament du corps. Une chose, en effet, sans nature propre, et qui ne serait pas une substance, mais qui aurait, de même que la forme ou la couleur, le corps pour inséparable sujet, ne s'efforcerait aucunement de se détourner de ce même corps, afin de percevoir l'intelligible, et de se rendre par cette perception d'autant meilleure et plus excellente qu'elle serait parvenue par un dégagement plus complet à de plus claires idées. En effet, la forme ou la couleur, ou même le tempérament du corps, lequel est un certain mélange des quatre natures en quoi consiste le corps, ne peut aucunement se détourner de

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