‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 104 sur 539 · làid, ibid.t cap, XX · texte numérisé non relu

làid, ibid.t cap, XX

DE LA NATURE DE l'aMË. 475

cela même, qui est son inséparable sujet. Ajoutez que les intelligibles auxquels s'élève Tàme quand elle se détourne du corps, ne sont assurément point corporels ; et cependant ils sont, et ce sont surtout eux qui sont, puisqu'ils sont toujours les mêmes. Car il n'y a rien de plus absurde que d affirmer l'être de ce que nous voyons par les yeux, et le néant de ce que nous percevons par l'intelligence; n'y ayant qu'un insensé qui doute que l'intelligence soit incomparablement supérieure aux yeux. Or, lorsqu'elle contemple ces intelligibles immuables, l'âme montre assez qu'elle leur est unie d'une manière merveilleuse et incorporelle, c'est-à-dire non locale. Effectivement, ou ils sont en elle, ou elle est en eux. Et dans les deux hypothèses, ou l'âme et Tintelligible se trouvent dans un rapport d'attribut à substance, ou Tâme et l'intelligible sont substances. Suppose-t-on un rapport d'attribut à substance; le corps n'est pas le sujet de l'âme, de même qu'il l'est de la couleur et de la forme, puisque ou l'âme elle-même est substance, ou elle se trouve dans une autre substance qui n'est pas le corps, comme dans son sujet. Admet-on que l'âme et Tintel- Ugible sont substances, l'âme n'a donc pas le corps pour sujet, de même que la couleur, puisque l'âme est substance. Or, le tempérament du corps a le corps pour sujet, de même que la couleur ; Tâme n'est donc pas le tempérament du corps ^ m

Septièmement, Tàme raisonnable est incorporelle, car ni la faculté môme qui juge, ni la sagesse, ou la vérité que contemple la sagesse, n'offrent de linéaments cor-

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