‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 119 sur 539 · De Genesi ad Litteram , lib. VI , cap. xil · texte numérisé non relu

De Genesi ad Litteram , lib. VI , cap. xil

u Ouoique les bêtes n'aient point ce sens intérieur qui est la conscience, quoiqu'il leur manque, pour louer Dieu, cet esprit raisonnable et capable de discernement, qui appartient àThomme, nul ne peut nier qu'elles n'aient un instinct de 'vie qui les porte à chercher des aliments, à prendre ce qui leur est utile, à rejeter ce qui leur est nuisible, des sens pour discerner les choses corporelles, une 'vue pour les couleurs, une ouïe pour les sons, un odorat pour les odeurs, un goût pour les saveurs, un mouvement qui les porte vers ce qui leur cause du plaisir et les éloigne de ce qui pourrait les offenser ^ » On doit même avouer que les bêtes ont de la mémoire.

Cependant, entre l'homme et les animaux, quel abîme ! Il serait oiseux d'énumérer toutes les différences qui les séparent, de remarquer, par exemple , que l'homme est en possession de signes naturels qui lui sont propres, comme le rire ^. D'un seul mot, ce qui élève si fort l'homme au-dessus de l'animal^ c'est que si l'animal est doué de sensibiUté, il est incapable d'arriver à la science. « Bestiœ vim sentiendi habent , non scientiam *. »

La science, tel est effectivement l'objet de l'intelligence humaine. Connaître et aimer, voilà les deux grandes fonctions de la vie psychologique.

Mais la science est le terme de la connaissance, et non pas le début. Les sens, le sens intérieur, le raison-

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