‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 134 sur 539 · Confessionnm lib. 1 , cap. vu · texte numérisé non relu

Confessionnm lib. 1 , cap. vu

210 CMAPITRK II.

à la grâce de Jésus-Christ par le sacrement de la régénération ; je parle même de celles que nous leur voyons souffrir dès cette vie, et qui sont en si grand nombre, que le temps me manquerait si j'en voulais faire Ténumération. On voit les uns sécher de langueur, les autres gémir dans des douleurs cruelles; ils souffrent la faim et la soif, et il y en a qui perdent Tusage de leurs membres, d'autres la vue et Toule, d'autres qui sont tourmentés des esprits malins. Il faut donc montrer comment la justice de Dieu leur peut faire endurer tous ces maux s'ils ne les ont pas mérités, car nous ne saurions admettre ni que ces maux leur arrivent sans que Dieu le sache^ ni que quelque puissance à laquelle Dieu ne peut résister les leur envoie, ni que Dieu les cause ou les permette injustement*. »

Effectivement, peut-on dire que les âmes existant sans péché ont été rendues pécheresses par Dieu?

Peut-on dire que sans le sacrement du Christ, il est possible qu'elles soient lavées du péché originel?

Peut-on dire qu'elles ont péché ailleurs, avant d'être envoyées dans un corps?

Peut-on dire qu'elles sont condamnées pour les péchés qu'elles n'ont jamais commis?

Si rien de tout cela ne peut être dit, et qu'on prétende, néanmoins, que les petits enfants ne sont point entachés du péché originel, et qu'ils ne sont pas damnables, alors même qu'ils mourraient sans avoir été régénérés par le baptême; on s'abîme dans l'hérésie de Pelage.

Espère-t-on prouver, à l'aide du témoignage des Écri-

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