EpiUo(a CXC, Optaio, cap. v
DE L*ORIGINE DE l'aME. 21 9
embûches de Thérésie ; il nous est nécessaire de les résoudre, pour satisfaire les besoins impérieux de notre intelligence.
« Quelle est l'origine de l'âme, que fait-elle ici-bas, combien diffère-t-elle de Dieu, quelle est l'essence de sa double nature, jusqu'à quel point meurt-elle, et comment se prouve son immortalité? De quelle importance ne sont pas de semblables questions! Assurément, elles sont de l'ordre le plus relevé et appellent la certitude '. »
!• J)e Ordine, lib. H, cap. v.
Si la vie est pleine de mystères, que penser de ce phénomène qu'on appelle la mort?
« Tout le temps de cette vie, remarque saint Augustin, qu'est-ce autre chose qu'une course vers la mort, dans laquelle il n'est permis à personne de se reposer ou (le marcher plus lentement; tous y courent d'une égale vitesse *. »
Et l'évêque d'Hippone abonde en expressions énergiques, en images saisissantes, en mélancoliques peintures, qui expriment toute la brièveté de la vie.
a Que reste-t-il des années de la vie présente?
En parlant nous disons : cette année ; et que tenonsnous de cette année, hormis le seul jour où nous sommes? Car les jours précédents de cette année sont déjà passés, et nous ne les tenons pas; et quant aux jours futurs, ils ne sont pas encore venus. Nous sommes circonscrits dans un seul jour, et nous disons cette année; parlons mieux, disons aujourd'hui, si nous voulons indiquer quelque chose de présent. Car de cette année tout entière, que tenons-nous présentement? Tout ce qui en est passé n'est déjà plus; tout ce qui en doit être n'est pas encore; comment dirions-nous cette année? Corrigez ce langage ; dites : aujourd'hui. Eh bien! soit; je dirai : aujourd'hui. Prenez garde; ce n'est pas tout.