Sermo GCXlJn,cap. ix
DK LA FIN DK L*AMK. 233
roQt... Ils nous demandent encore si la taille et la force seront égales chez tous, ou si les corps seront de différentes grandeurs... De plus, ils demandent de quelle stature seront les corps dans cette égalité de tous... On ne soulève pas moins d'objections au sujet de la corruption et de la dissolution des corps morts, dont une partie s'évanouit en poussière et une autre s'évapore dans Tair; de plus, les uns sont mangés par les bétes, les autres consumés par le feu; d'autres, tombés dans Teau par suite d'un naufmge ou autrement, se corrompent et se liquéfient. Comment croire que tout cela puisse se réunir pour reconstituer un corps? Nos adversaires se prévalent encore des défauts qui viennent de naissance ou d'accident... Mais voici la question la plus difficile : à qui doit revenir la chair d'un homme, quand un autre homme affamé en aura fait sa nourriture? Cette chair s'est assimilée à la substance de celui qui l'a dévorée et a rempli les vides qu'avait creusés chez lui la maigreur. On demande donc si elle retournera au premier homme qui la possédait, ou à celui qui s'en est nourri. C'est ainsi que nos adversaires prétendent livrer au ridicule la foi dans la résurrection, sauf à promettre à l'âme, avec Platon, une vicissitude éternelle de véritable misère et de fausse félicité, ou à soutenir avec Porphyre qu'après diverses révolutions à travers les corps, elle verra la fin de ses misères, non en prenant un corps immortel, mais en restant affranchie de toute espèce de corps *. »
L'exposition qui précède répond k la plupart des objec-