De Civitate Dei, lib. XXU, cap. xil
tîoDS de détail que comprend cette argumentation. C'est assez, par conséquent, d'en discuter le point principal, tt La matière terrestre, qui devient cadavre lorsque l'âme se retire, reparaltra-t-eile lors de la résurrection, de telle sorte que les parties qui tombent et qui servent à produire mille autres formes différentes, tout en revenant au corps d'où elles sont tombées, reviennent nécessairement aux mêmes parties du corps? En aucune façon ; autrement, si la tête devait retrouver tous les cheveux qu'elle a successivement perdus, et les doigts tous les ongles qui ont été coupés, il y aurait là une difformité monstrueuse, qui devient, pour ceux qui l'imaginent,, un motif de ne pas croire à la résurrection de la chair. Mais les choses ne se passeront pas ainsi. Supposez une statue faite d'un métal soluble; qu'elle vienne à se fondre au feu, à être broyée en mille pièces, ou réduite à une masse, et que l'artiste veuille avec cette matière restituer sa statue. Il importerait peu, évidemment, que telle ou telle partie de matière formât de nouveau tel ou tel membre de la statue, pourvu qu'on employât toute la matière dont elle avait d'abord été formée. De même. Dieu dont l'art est admirable et ineffable, restituera notre chair dans sa totalité avec une admirable et ineffable rapidité; et il importera peu, pour qu*elle soit ainsi restaurée, que les cheveux reviennent aux cheveux et les ongles aux ongles, ou que tout ce qui en avait péri soit changé en chair et rapporté à d'autres parties du corps. Car l'artiste suprême saura faire qu'il n'y ait rien qui ne soit comme il convient ' . »