Confessioniim lib. III, cap. x
â42 ohApitrs II.
Chaldéeûs, en liii mot dans aucune tradition historique, cela revient à avouer que cette voie existe, mais qu'il n'a pu encot'e la découvrir*, »
Cette voie que Porphyre a feint d'ignorer^ comme si Platon n'avait lâidsé à cet endroit aucun enseignement, Augustin se domplalt, ad contraire, à la décrire.
Il y a pour l'Ame trois vies^ ^Ui dépassent là vie présente. Ce sont : là vie purgative, la vie illuminative, la vie unitive.
Il inlporte, avatit tout, que l'âme se purifie. « Toute ftme raisonnable, en effet, n'est point appelée à jouir de la vue de Dieu, inais celle-là seulement qui aura été sainte et put*e; c'est-à-^lire celle qui aura rendu le regard par où sont perçues les choses de Dieu^ sain, sincère, serein et semblable aut chosei mêmes qu'elle s'efforce de contempler'. »
Et que faut-il entendre par ce regard ? tt L'âme raisonnable l'emporte sur toutes les créatures de Dieu, et se ^approche de Dieu^ lorsqu'elle est pure. Autant d'ailleurs elle s'attache à Dieu par l'amour, autant elle se trouve éclairée et Comme inondée de cette lumière intelligible, qui lui permet d'apercevoir, non par les yeux du corps, mais par le regard essentiel qui lui est propre, c'est-à-dire par son intelligence^ ces principes dont la Vue la rend très-heureuse'. »
Or, quelles sont les souillures dont il est nécessaire que l'âite Se nettoie?
1. De CivitateJDei, lib. X, cap. xxxii. :2 . De divrrsit Qttsstionibtu, quiBst. XLVi. 3. Ihi(i,j ibid»
DE LA PIN (IB l'aME. 243
« Les souillures de r&me consistent dans Tamour de toute autre chose que Tâme et Dieu. Plus Tâme est pure de ces souillures, plus facilement aussi elle contemple le vrai*. »
« L'œil de Tàme est sain, lorsque Tesprit est pur de toute souillure corporelle, c*est-à«dire éloigné et purîflé de toutes les convoitises qu*excitent les choses périssables '• »
En d'autres termes, le regard de TAme, c'est la raison ; « aspectus animœ^ ratio est^.ïi
« Mais ce regard lui-môme, quoique son organe soit sain, ne peut se tourner vers la lumière, si Tàme ne trouve en elle trois inspirations permanentes : la foi qui lui fasse croire que l'objet vers lequel elle doit tourner son regard la rendra heureuse par sa vue môme; l'espérance qui lui donne confiance qu'elle l'apercevra, lorsqu'elle aura dirigé son regard comme il convient; l'amour qui la porte à désirer de le voir et d'en jouir *. »
Ce n'est pas, cependant, d'un plein vol, mais par degrés, que l'âme purifiée s'élève à la vie illuminative, puis à la vie unitive.
« C'est par degrés et par une méthode certaine, et non point uniquement en vertu du seul élan de la foi, que l'âme s'achemine à la règle qui lui convient et à une vie excellente. Qu'elle considère attentivement la force et la puissance des nombres, et il lui paraîtra souverainement