Voy. ci-aprèi, liv. 1, chap. vi, HI. Les Deux Cités
à laide du tact, et sent et discerne ainsi le chaude le le froid, le rude, le poli, le dur, le mou, le léger, le pesant... Mais elle a aussi cela de commun avec les animaux.
Le troisième degré marque ce qui est propre à rhomme, à savoir la pensée avec ses manifestations multipliées à Tinfini. — Mais penser est commun en partie aux savants et aux ignorants ; en partie aux bons et aux méchants.
C'est parvenue au quatrième degré, que Tâme commence à connaître sa vraie dignité. Car c'est alors que Tâme ose se préférer non-seulement à son propre corps, mais atout l'univers des corps.
Lorsqu'elle a atteint le cinquième degré, l'âme est en possession de la pureté que le quatrième a préparée.
Le sixième degré amène le désir d'entendre ce qui est vraiment et souverainement, en quoi consiste le suprême regard de Tàrae, au-dessus duquel il n'y en a pas de plus parfait, de meilleur, ni de plus droit.
Dans la vision et la contemplation de la vérité , se trouve le septième et dernier degré de l'âme; et ce n'est plus même alors un degré, mais un état définitif, où l'âme parvient, après avoir parcouru les degrés précédents.
De ces sept activités de l'âme, la première peut s'appeler la vie ; la seconde, le sentiment ; la troisième , l'art; la quatrième, la vertu ; la cinquième, la tranquillité ; la sixième, l'entrée ; la septième , la contemplation. On peut encore dire que l'âme se dégage du corps, qu'elle agit par le corps, qu'elle agit à propos du corps ; qu'elle revient à elle-même ; qu'elle reste en
elle-même ; qu'elle va à Dieu ; qu'elle vit en Dieu ' . Telle est la dignité de Tâme. « Ni la terre , ni les mers, ni les astres, ni la lune, ni le soleil, ni rien de ce qui peut se toucher ou se voir par les yeux, ni le ciel même qui échappe à nos regards, ne peut être réputé meilleur que Tâme^. » « L'àroe même d*une mouche est supérieure à la lumière^. )> a II n y a que Dieu qui soit meilleur que Tàme, et c'est pourquoi Dieu seul doit être l'objet de son culte. La vraie religion de l'àme consiste en effet à se réconcilier avec Dieu , à rétablir avec Tunique Dieu ces attaches, que le péché avait comme rompues. Vivante d'abord d'une vie végétative, puis d'une vie animale , c'est dans un troisième acte que l'Ame commence à se mouvoir d'une vie qui lui est propre ; elle se purifie dans le quatrième ; elle se réforme dans le cinquième ; dans le sixième elle s'introduit, et dans le septième elle se repait *. »
La fin de l'âme, ou la vie future, est, de la sorte, la vie en Dieu.
« Les créatures passent pour laisser la place à d'autres, s'écrie Augustin, et par leur succession forment l'ensemble de ce monde visible. Mais le Verbe de Dieu te dit : M'a-t-on jamais vu passer d'un lieu à un autre ? C'est en lui qu'il faut fixer ta demeure; confie-lui, mon âme, le soin de tous les biens que tu as reçus ; f^is-le au moins maintenant que tu es fiitiguée de mensonges. Confie à la vérité tout ce que tu dois à la vérité et tu ne
t. De Quantitate Animmy cap. xuiu.