Ibid.^ ibid
252 CHAPITRE 11. DE LA FIN DE l'aME.
bonheur suprême lui est réservé, lorsqu'arrivée à la perfection de sa nature, dotée d*un corps non plus animal, mais spirituel, elle se trouve égalée aux anges *.
Et qu'on ne demande pas si ce sont les yeux de ce corps spirituel qui verront Dieu. Augustin se refuse à décider comment aura lieu cette vue de Dieu, ou du moins il n'en parle que d'une manière hésitante ^. Ce qui importe par-dessus tout, suivant lui, c'est de ne point faire tomber Dieu dans l'espace ; c'est de maintenir intacte et dans la dignité qui lui est propre la substance divine'.
« Courons donc, conclut Augustin, hâtons- nous vers ce bien qui n'est pas dispersé dans l'espace, qui ne subit pas les vicissitudes du temps, et d'où toutes les natures soumises au lieu et au temps reçoivent leur forme et leur beauté. — Et , afin d'en jouir, purifions ce regard et cette vue de l'âme qui nous fait apercevoir, autant qu'il est permis en cette vie, ce que c'est que la justice, ce que c'est que la piété, ce que c'est que la beauté de la sagesse. Quiconque, en effet, perçoit ces idées, les préfère de beaucoup à la plénitude des espaces et des lieux, et comprend que pour les concevoir, ce n'est point dans l'espace qu'il doit promener les regards de son esprit, mais qu'il lui en faut affermir la puissance immatérielle ^. »