‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 189 sur 539 · De CivUale Dei, lib. X, cap. xvi · texte numérisé non relu

De CivUale Dei, lib. X, cap. xvi

3. Voy. ci-dessus, liv. I , cliap. ii, \\l. De la Fin de VAmc,

294 CHAPITRE m.

spirituel sera tel que cela môme qui avait été chair, deviendra esprit * ?

Certainement nous ne verrons pas Dieu, comme nous voyons maintenant le soleil par les yeux du corps, ni comme nous nous voyons nous-mômes par le regard intérieur de l'âme, vivre, vouloir, chercher, savoir, ignorer '^. Placé au sein d'une lumière où il n'y a qu'un cœur pur qui puisse avoir accès, comment Dieu tomberait-il sous les prises des sens? La vue de Dieu est comparable à la vue de la vertu '.

Néanmoins, nous l'avons constaté*, c'est avec embarras qu'Augustin aborde ce problème de la vue de Dieu, lequel se posait comme de lui-même, du moment que l'on concevait l'homme de la vie future, âme et corps, aussi bien que l'homme de la vie présente. Cet embarras persiste dans tout le cours des ouvrages de l'évêque d'Hippone. En 408. écrivant à Italique S il réfute de nouveau l'opinion qui voudrait que nous vissions Dieu des yeux du corps. « En effet tout ce qui peut être aperçu des yeux du corps, est nécessairement dans un lieu, et n'y est point partout tout entier, mais en occupe ici un plus petit, là un plus grand espace, suivant la petitesse ou la grandeur de ses parties. Il n'en est pas ainsi du Dieu invisible et incorruptible, qui seul a rimmortalité et habite une inaccessible lumière ; qu'aucun homme n'a vu ni ne peut roir

I. Eimioln CXLVH , PautiHcT (413), cap. xxi. :;. Ihid, cap. 1.

Page 1