‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 191 sur 539 · Epistola CLXU, Evodio · texte numérisé non relu

Epistola CLXU, Evodio

énigme, d'une manière partielle, et plus par la foi qu'autrement ; mais comme nous voyons maintenant la vie des hommes qui se présentent à nos yeux. Nous ne croyons pas qu'ils vivent, nous le voyons. Alors donc, ou bien les yeux du corps seront tellement perfectionnés qu'on verra Dieu avec leur aide, comme on le voit par l'esprit, supposition difficile ou même impossible à justifier par aucun témoignage de l'Écriture ' ; ou bien, ce qui est plus aisé à comprendre. Dieu nous sera si connu et si sensible que nous le verrons par l'esprit audedans de nous, dans les autres, en lui-même, dans le ciel nouveau et dans la terre nouvelle, en un mot dans tout être alors subsistant. Nous le verrons même par le corps dans tout corps, de quelque côté que nous jetions les yeux. Et nos pensées ainsi deviendront visibles, car alors s'accomplira ce que dit l'Âpôtre (Cor., IV, 5) : «Ne jugez point avant le temps, jusqu'à ce que le Seigneur vienne, et qu'il porte la lumière dans les plus épaisses ténèbres, et qu'il découvre les pensées des cœurs; et chacun alors recevra de Dieu la louange qui lui est due ^. » De l'aveu d'Augustin, c'est là, sur cette question, son dernier mot ^.

Page 1