‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 194 sur 539 · DE LA TR1M1É · texte numérisé non relu

DE LA TR1M1É

la nature des choses, la vie de Tame, le monde des idées.

Triple et un tout ensemble, Dieu a marqué tout ce qui est de son empreinte. De là, dans les créatures, d'irrécusables vestiges de la divine Trinité.

Ce sont ces considérations toutes philosophiques, en une matière toute théologique, qu'il ne nous est point permis ici de passer sous silence.

Et d'abord, remarquons-le. Augustin ne s'est pas leurré du vain espoir d'expliquer à fond le mystère de la divine Trinité. Se flatter de résoudre toutes les difficultés inhérentes à ce dogme, c'eût été, assurément, ne pas même les soupçonner.

a En Dieu, dit Augustin, il n'y a qu'une essence; les Grecs y reconnaissent trois hyposlases, et les Latins trois personnes... Comme l'habitude nous a rendu, dans le langage, essence synonyme de substance ', nous n'osons pas dire qu'une essence comprend trois substances, mais nous disons qu' une essence ou une substance comprend trois personnes, ainsi que plusieurs auteurs latins très-respectables se sont exprimés, ne trouvant point de meilleure manière d'énoncer par des paroles ce qu'ils entendaient sans parler. Réellement, en cfl'et, comme le Père n'est pas le Fils, et que le Fils n'est pas le Père, et que le Saint-Esprit lui-même, qui est aussi appelé le don de Dieu, n'est ni le Père ni le Fils, il y a donc trois perscmnes. C'est à cause de cela qu'il est dit au pluriel; Moi et mon Père, sommes un [Jean^ x, 30). Il est vrai que lorsqu'on demande ce que c'est que les trois per-

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