De Animn et ejus nrùjine , lib. II , cap. m
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elle est plus simple que le corps, parce qu'elle n'iest p<nnt une masse répandue dans Tespace; mais enCer* tuée dans un corps en particulier^ çUe est tout cm-^ tièrc dans le corps tout entier, tout ejitière dans une qùelcoûque de ses parties. C'est pourqyoii lorsqu'il SQ fait dans une petite partie du corps, quelli3 qulelle 8oit> une impression qui doit produire dans Vàtm une sema-^ ti'cln, quoique Timpre^sion n'ait pas lieu dans le corps tout entier, Tàme tout entière éprouve la sensation ^ parcç que la sensation arrive à l'Ame tout entière. Cependant, comme autre chose est pour l'âme âtre active, autre chose être inerte, autre chose être pénétrante, atitirè chose se souvenir, autre chose le désir^ autre chose la crainte, autre chose la joie, autre chose la tristesse, et que tout cela peut se rencontrer dans 1 ame tantôt séparément, tantôt plus, tantôt moins, et qu'ainsi par sa nature, elle est soumise à des modifications innombrables, il est manifeste que sa nature n'est pas siiïiple, mais multiple. Car rien de ce qui est simple n*est changement; or, toute créature est changement* Il a'en est pas ainsi de Dieu. Dieu, il est vrai, peutéti^e dit tour à tour grand, bon, sage, bienheureux, irèri^ dique, et on peut multiplier de la sorte les attributs qiii ne sont pas indignes de lui. Mais sa grandeur n'est pas autre chose que sa sagesse. Car ce n'est point par la masse qu'il est grand, mais par la vertu. Sa bonté «st la même chose que sa sagesse et sa grandeur , et sa véracité la même chose que ces attributs réunis. Être heureux^ être grand, ou sage, ou véridique, ou bon, ne diffère point pour lui du simple fait d'être luimême.
DE LA TRINITÉ. 30d
En conséquence, de ce que Dieu est Trinité, il ne s'ensuit pas qu'il faille croire qu'il est triple : autrement h Père seul, ou le Fils seul, serait moindre que le Père et le Fils ensemble. Quoiqu'on ne voie pas comment on peut parler du Père seul, ou du Fils seul, puisque toujours et inséparablement, le Père est avec le Fils et le Fils avec le Père. On parle du Père seul ou du Fils seul uniquement en ce sens que le Père et le Fils ne sont pas tous deux Père, que le Père et le Fils ne sont pas tous deuxFils. Puis donc que le Père seul, ou le Fils seul, ou le seul Saint-Esprit est aussi grand que le Père et le Fils et le Saint-Esprit ensemble, Dieu ne doit aucunement être dit triple. Les corps, il est vrai, s'accroissent par ce qu'on y ajoute. De même dans les choses spirituelles, lorsqu'une plus pelitc s'attache à une plus grande, comme la créature au Créateur, la créature devient plus grande qu'elle n'était , mais non pas le Créateur. Car, pour les êtres dont la grandeur ne consiste point dans la masse, être plus grand c'est être meilleur... Or, lorsqu'en Dieu le Fils égal au Père s'attache au Père qui lui est égal, ou l'Esprit-Saint au Père et au Fils auxquels il est égal, Dieu ne devient pas plus grand que le Père, ou le Fils, ou le Saint-Esprit en particulier; parce qu'il n'est point possible que sa perfection s'accroisse. Parfait en tant que Père, parfait en tant que Fils, parfait en tant qu'Esprit-Saint, le Dieu parfait est Père, et Fils, et Saint-Esprit: et c'est pourquoi il est Trinité plutôt qu'il n'est triple ^ »
D'autre part, il y a effectivement trois personnes en