‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 208 sur 539 · Confessionum Hb. VII, cap. xi · texte numérisé non relu

Confessionum Hb. VII, cap. xi

2. Voy. ci-dessns, liv. I, chap. m, I. De VExistence de Dieu,

4. Retract, lib. 1, cap. xi. Cf. De Civitate Dei^ lib. X, eap. xxix.

Quoi qu*il en soit, o'est Dieu qui a ordonné toutes choses, qui a fait toutes choses, qui a créé toute espèce d'êtres. « Aux uns il a donné le sentiment, et l'intelligence et Timmortalité, comme aux anges ; aux autres il a donné le sentiment et Tintelligence avec la mortalité, comme aux hommes ; à ceux-ci il a donné la sensation, mais il a refusé Tintelligence et l'immortalité comme aux bêtes ; à ceux-là il n*a accordé ni sensibilité, ni in* telligence, ni immortalité, comme aux herbes, aux bois, aux pierres. Et cependant ces dernières créatures ne peuvent pas manquer dans leur genre. Dieu en effet a ordonné la création comme par degrés depuis la terre jusqu'au ciel, depuis les choses visibles jusqu'aux invisibles, depuis les êtres mortels jusqu'aux immortels. Or, cette contexture de la création, cette beaaté si bien ordonnée, qui monte du plus bas au plus haut degré et qui descend du plus haut degré au plus bas, qui nulle part n'est interrompue, mais tempérée par la dissemblance même des éléments qui la composent, la création tout entière loue Dieu. Et pourquoi tout entière loue-t-elle Dieu ? Parce que lorsque l'homme la considère et qu'il la voit belle, il loue Dieu en elle. Oui, la terre muette a une voix, la terre a un visage. Vous voyez, vous considérez l'aspect de la terre, vous voyez sa fécondité, vous voyez ses forces, en quelle manière elle conçoit les semences qu'on lui confie, comment le plus souvent elle porte spontanément des fruits; vous voyez toutes ces choses et en les considérant vous interrogez la terre ; et votre examen lui-même est une question. Mais cette force que vous constatez, cette beauté qui excite votre admiration, cette merveilleuse

fécondité, il ne vous semble pas que la terre puisse l'avoir en elle et d'elle-même ; aussitôt il vous vient à

Tesprit qu'elle n'a pu être d'elle-même, qu'elle n'a pu être que par le Créateur. Et il y a là comme une invitation de la terre, à ce que vous louiez le Créateur. En un mot, ne suf&t-il pas de contempler la beauté de l'univers, pour que par sa beauté même , comme tout d'une voix, l'univers réponde : Je ne me suis pas fait, mais c'est Dieu qui m'a fait * ? »

Évidemment, on ne peut raisonnablement soutenir comme le prétendent quelques-uns, que les hommes ont toujours existé aussi bieu que le monde, ce qui a fait dire à Apulée : « Chaque homme est mortel, pris en particu* lier, mais les hommes pris ensemble sont immortels (De Dco Socratis^).y> Il n'y a pas à s'attacher davantage à l'opinion de ceux « qui, ne croyant pas ce monde éternel^ admettent soit des mondes innombrables, soit un seul monde qui meurt et natt une infinité de fois par de certaines révolutions de siècles ^ Car comme ils estiment que le monde même renaît de sa propre matière, ils sont obligés de soutenir que le genre humain sort d'abord du sein' des éléments et se multiplie ensuite comme les autres animaux par la voie de la génération *. » Augustin affirme séparément

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