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Dieu esl ; maïs ce n'est point le connaître que de ne pas connaître ce qu'il est, et surtuut, qu'il est cièateur.
i( Peiiser de Dîeu comme il convient, éeiîi Augustin, est le vrai commencement de la piété. Or, personne pe parie' de Dieu comme il convient, qui ne le croit pas tout-puissant et de tout point immuable ; çréa^ur m tous les biens, qui tous sont ^u-desso'us dp lgi,^.Prqvidence parfaitement juste de tous les éir'és quil a créés; créateur qui s'est sufQà lui-même dans l'acte de la création, sans avoir eu besoin du secours d'aucune nature étrangère. Cette exacte notion de Dieu implique en outre qu'il a créé toutes choses du néant '. »
En effet, qu'on jt!tte un regard sur le monde et sur les créatures qu'il enferme. Combien ne sont-elles pas au-dessous de Dieu ! On ne peut vraiment dire d'elles d'une manière absolue,' ni qu'elles sont ni qu'elles ne sont pas. Elles sont, puisqu'elles sont par Dieu telles ne
sont pas, puisqu'elles ne sont pas ce qu'est Dieu. Car cela seul est véritablement qui est immuable ^ »
C'est donc se tromper grossièrement que de faire de Dieu l'âme du monde ^.
Mais Augustin ne confond pas avec ce système insupportable, la doctrine de ceux qui considèrent le monde comme un animal ^.
« Platon, et à sa suite , nombre de philosophes, ont affirmé que ce monde est un animal. C'est une assertion que ma raison n'a pu vérifier avec certitude, non plus que je n'ai rien trouvé dans l'autorité des divines Écritures qui pût me la persuader. — Je n'affirme donc pas qu'il soit faux, mais je déclare ne point comprendre qu'il soit vrai que le monde soit un animal. Ce que l'on doit, en tout cas, tenir d'une manière inébranlable , c'est que pour nous Dieu ce n'est pas ce monde, soit que ce monde ait une âme, soit qu'il n'en ait pas. Si, eu effet, il a une âme, celui qui l'a faite est notre Dieu ; et s'il n'en a pas, où trouver dans un tel monde un Dieu quelconque, encore bien moins notre Dieu ? Il y a toutefois parfaite raison de croire qu'alors même que le monde n'est pas un animal, il subsiste dans le monde une force spirituelle et vitale, laquelle sert à Dieu dans les saints auges, qui ne la comprennent pas, à orner et à administrer le monde. Et par saints anges il faut entendre toute sainte créature spirituelle constituée dans le secret et caché ministère de Dieu *. »