‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 210 sur 539 · Conjesitonum iib. XI, cap. m · texte numérisé non relu

Conjesitonum iib. XI, cap. m

et en comparaison de vous, elles ne sont pas belles, elles ne sont pas bonnes, elles ne sont même pas. Voilà ce que nous savons, grâce à vous ; mais notre science, comparée à votre science, n'est qu'ignorance K »

Toutefois, ne nous décourageons pas, et ne désespérons point de comprendre, dans une certaine mesure, ce qu'est la création. « Si en effet Dieu est une substance ineffable, et qu'un homme ne puisse le désigner en quoi que ce soit à un autre homme, sans se servir des mots de lieu et de temps, tandis que Dieu est avant tous les temps et avant tous les lieux ; cependant celui qui a fait toutes choses est encore plus près de nous, que beaucoup des choses qu'il a faites ^))

Et d'abord le monde a été créé de rien.

c< Comment avez-vous fait le ciel et la terre, et de quelle machine vous êtes-vous servi pour un si grand ouvrage? Car ce n'est point sans doute comme l'artisan humain qui se sert d'un corps pour former un autre corps, et cela au gré de son âme, qui peut imprimer aux choses les formes qui lui plaisent et que lui découvre son regard intérieur. D'où le pourrait-elle, si vous ne l'aviez faite elle-môme? Et il ne donne cette forme qu'à un objet qui existe déjà, et qui est disposé à la i^ecevoir, comme de la terre, une pierre, du bois, de For ou autre chose semblable. Mais d'où viendraient toutes ces choses, si vous ne les aviez d'abord créées? C'est vous qui donnez à l'ouvrier son corps-, c'est vous qui lui donnez son âme qui commande à ses organes ;

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