De Civilate Dei, lib. XU, cap. XXT
vous-même, 6 mon Dieu, si ces choses ou n*eiistaient absolument pas, ou demeuraient Informes, ces choses que vous n'avez pas faites par besoin, mais dans la plénitude de votre bonté, et que vous avez ramenées à des formes déterminées, sans que votre joie soit augmentée par elles? Étant parfait, vous ne pouvez aimer leur imperfection ; et vous voulez les rendre parfaites parce qu'elles vous plaisent ; mais non pas comme si étant imparfait vous-même, vous aviez besoin de leur perfection pour devenir parfait. Car « votre Esprit-Saint était porté sur les eaux, » et non point par elles, comme s'il s'y fût reposé ; c'est lui qui fait reposer en soi ceux dans lesquels il se repose. Ainsi votre volonté incorruptible et immuable qui se sufBt à elle-même était suspendue au-dessus de cette vie que vous avez faite, et pour laquelle vivre n'est pas la même chose que vivre heureuse ; car môme en flottant dans son obscurité, elle vit encore : mais il lui manque de se tourner vers celui qui l'a faite, et de puiser de plus en plus à la source de votre vie, de voir h votre lumière , d'en être rendue parfaite, éclatante et heureuse *. »
Sans doute aussi, Dieu étant parfiût ne peut faire que ce qu'il fait^. Mais c'est là simplement une nécessité morale ou de convenance, et nullement une nécessité géométrique.
Si donc Dieu a créé le monde, ce n'est pas qu'il en eût besoin ; ce n'est pas davantage qu'il y fût nécessité; c'est qu'il a trouvé bon de le créer. Et s'il l'a trouvé
J. Confcssionmn lib. XllI, cap. iv.