‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 222 sur 539 · De Civiialt Dei, lib. XI, cap. vu · texte numérisé non relu

De Civiialt Dei, lib. XI, cap. vu

par où, à travers le présent, le futur succédât au passé, il n'y aurait absolument aucun temps. Or, la créature ne pourrait certes se mouvoir, si elle n'était. C*est donc bien plutôt le temps qui a commencé par la créature, que la créature par le temps ; et c'est de Dieu que les deux viennent, la créature et le temps *. »

Cherchera-t-on si c'est dans le temps ou hors du temps qu'a été prononcée cette parole : Que la lumière soit? Quand Dieu a dit, que la lumière soit et la lumière a été faite, l'a-t-il dit à un certain jour, ou avant qu'il y eût aucun jour? « Si Dieu s'est dit cette parole par son Verbe coéternel, il Ta dite, à coup sûr, hors du temps. Mais s'il l'a dite dans le temps, ce n'est point par son Verbe coéternel, mais par quelque créature corporelle qu'il l'a dite, et ainsi la lumière ne sera pas la première créature, puisqulil y avait déjà une créature par laquelle il pouvait être dit temporellement, que la lumière soit,.. C'est dans le Verbe de Dieu qu'a été dite cette parole : Que la lumière soit ! et non dans le temps ^. »

Qu'est-ce donc que le temps?

. Ici encore il devient nécessaire de citer dans toute leur étendue quelques-unes des pages subtiles et véhémentes, où Augustin, avec la liberté un peu désordonnée du monologue, mais avec l'originalité puissante d'un bel esprit et d'un grand esprit, expose sa manière d'entendre la notion du temps.

« Puisque vous êtes l'auteur et le créateur de tous

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