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délire, jusqu'à prétendre qu'il n'y a pas un brin d'herbe et pas un vermisseau où elle ne se trouve mêlée*. »
Augustin rejette ces extravagances. Les Manichéens ne tomberaient pas dans ces déplorables folies, « s'ils étaient convaincus de ces deux vérités : l'une, que la nature de Dieu est immuable, incorruptible, inaltérable; l'autre, que l'âme qui a pu déchoir par sa volonté et être ainsi corrompue par le péché et privée de la lumière de la vérité immuable, l'âme n'est pas une partie de Dieu ni de même nature que la sienne ; mais une créature infiniment éloignée de la perfection de son Créateur ^. » L'âme humaine n'est pas Dieu. Elle ne saurait être rapportée non plus à aucun des éléments, d'où résultent les corps. <(0n ne peut en rien dire de mieux, si ce n'est qu'elle est l'âme ou un esprit de vie^. »
D'ailleurs, d'où est l'âme , de quelle matière a-t-elle été faite, de quelle parfaite et bienheureuse nature a-t-elle pris son écoulement; ou encore a-t-elle été tirée absolument du néant? ce sont des questions dont on peut disputer. On peut rechercher sans doute si l'âme, avant de devenir cette nature même, qui s'appelle l'âme, dont la beaulé est vertu et dont la difformité est vice, avait quelque matière spirituelle suivant son espèce, et qui n'était pas encore l'âme; à peu près comme la terre, dont la chair est faite, était déjà quelque chose, quoiqu'elle ne fût pas la chair.