‹ La philosophie de st. AugustinChapitre 239 sur 539 · De Gentil ad LUteram, lib. V, cap. xxii · texte numérisé non relu

De Gentil ad LUteram, lib. V, cap. xxii

DE LA PKOVIDËNCE. 381

bonheur, non dans les choses vaines, mais dans les vrais biens; qui a fait de Thomme un animal raisonnable, composé de corps et d'âme, et, après son péché, ne Ta laissé ni sans châtiment ni sans miséricorde; qui a donné aux bons et aux méchants Tétre comme aux pierres, la vie végétative comme aux plantes, la vie sensitive comme aux animaux, la vie intellectuelle comme aux anges; ce Dieu, principe de toute règle, de toute beauté, de tout ordre; qui donne à tout le nombre, le poids et la mesure ; de qui dérive toute production naturelle, quels qu'en soient le genre et le prix; les semences des formes, les formes des semences, le mouvement des semences et des formes; ce Dieu qui a créé la chair avec sa beauté, sa vigueur, sa fécondité, la disposition de ses organes et la concorde salutaire de ses éléments; qui a donné à Tâme animale la mémoire, les sens et Tappétit, et à l'âme raisonnable la pensée, l'intelligence et la volonté; ce Dieu qui n'a laissé aucune de ses œuvres, je ne dis pas le ciel et la terre, je ne dis pas les anges et les hommes, mais les organes du plus petit et du plus vil des animaux, la plume d*un oiseau, la moindre fleur des champs, une feuille d'arbre, sans y établir la convenance des parties, l'harmonie et la paix; je demande s'il est croyable que ce Dieu ait souffert que les empires de la terre, leurs dominations et leurs servitudes restassent étrangères aux lois de sa Providence * ? »

Non, (( il ne se fait rien de sensible et de visible, qui ne procède du décret intérieur, invisible et intelligible

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